Si j'osais un conseil à notre couple exécutif il serait le suivant: ne prêtez pas le flanc à ceux qui prônent le relâchement. Les institutions vous ont placés à la tête de l'Etat et ni l'environnement européen, ni celui du multi-national n'autorisent la souplesse excessive dans l'action. Il en va de même dans les domaines de l'économie, du financier, du social.
Dans ce contexte une interruption institutionnelle pour cause, par exemple, de dissolution de l'Assemblée Nationale, présente nombre d'inconvénients majeurs, dont celui d'affaiblir l'autorité de la France.
Ceci étant dit chacun voit que la disproportion scandaleuse dans les revenus demeure révoltante. Dans l'absolu nous demeurons convaincus que le libéralisme sans limite, partout triomphant, symbolise une injustice de moins en moins tolérable. Même si elle est plus tempérée en France que partout ailleurs en Europe. Mais existe-t-il un autre modèle de développement susceptible de nous inspirer? La réponse, quelque peu désespérante est négative.
Si la démocratie sociale veut retrouver sa place, cela ne peut s'inscrire que dans un contexte international. Notre pays, seul, n'y peut rien. La gauche française, en permanent règlement de comptes interne, encore moins. La question est: pouvons-nous encore nous asseoir autour d'une table pour réunir ce qui est épars? Rien n'est moins certain. Aussi devons-nous compter, plus que jamais, sur la fermeté du couple exécutif et sur la clarté comme voie pour expliquer sa politique.
Antoine Blanca