En Espagne, depuis le 13 juin, les maires issus des municipales du 24 mai ont reçu la 'vara de mando', bâton de commandement. Et, à l'exception des très rares cas où une liste partisane avait obtenu, par elle-même, la majorité absolue, les différents groupes d'élus ont été amenés à converser. Faute d'accord, la loi prévoit que la tête de la liste arrivée en tête assume automatiquement la première magistrature. Cela a été parfois le cas...Mais d'une manière générale la gauche, sous toutes ses formes, l'a emporté.
Le président du gouvernement, Mariano Rajoy, s'est retrouvé tout nu. L'attitude conséquente des socialistes a facilité les choses. Dans les trois principales villes du pays (Madrid, Barcelone, Valence) leurs conseillers ont voté pour celui, ou celle, qui avait moralement gagné les élections: Carmena, magistrate madrilène de 71 ans, déjà héroïne du temps de la dictature; Colau, jeune femme, activiste, sans véritable expérience autre qu'associative, sera maire de Barcelone; un nationaliste valencien va, quant à lui, diriger la 3e ville du pays...
Nous verrons bien ce que donneront ces expériences. A mon avis il aurait mieux valu que des pactes soient conclus, des programmes de mandature élaborés. Mais, comme disait le poète Antonio Machado: "caminante, no hay camino, se hace camino al andar" (marcheur, il n'y a pas de chemin, on trace chemin en marchant...
Politiquement une chose est certaine. La gauche, l'ancienne comme la nouvelle, a gagné. Les socialistes retrouvent souvent des positions traditionnelles qu'il avaient perdues, parfois depuis 20 ans. Comme à Alicante et à Elche, villes chères à mon coeur. Je n'ai pas l'intention de bouder mon petit bonheur..
Restent à élire les juntes exécutives des communautés autonomes. Autrement dit, des régions. Là aussi, la droite a perdu et la gauche, surtout socialiste, devrait récolter les fruits d'un succès avéré.
Antoine Blanca