Ainsi, désormais, les ambassades ont été rouvertes, les drapeaux, hissés tandis que les consulats généraux vont, de part et d'autre, retrouver leurs fonctions avec la normalisation des relations entre deux pays proches par la géographie mais que l'histoire récente a vigoureusement opposé. Bien entendu, normalisation de relations diplomatiques n'est pas rapprochement politique. Le contentieux entre les deux voisins est bien antérieur à la victoire de Fidel et à l'annonce du caractère socialiste de la révolution. Les Cubains ont eu le sentiment, confirmé par par les faits, que Washington avait volé l'indépendance, conquise sur le terrain par les combats des "Cambises", mais précipitée par les yankees lesquels, en provoquant une guerre avec l'Espagne, s'étaient appropriés, en 1898, des anciennes colonies du vieux pays européen (Porto Rico et les Philippines) et devait prendre le contrôle de l'avenir de Cuba en imposant le fameux 'amendement Pratt'(1903) qui mettait La Havane sous tutelle de Washington.
La régularisation qui vient d'intervenir va profiter à tous. Avant même qu'intervienne la levée, tant espérée, de l'embargo. Décision qui ne dépend pas du seul gouvernement Obama.
On mesure mal, encore, l'ampleur des changements qui vont intervenir. Cuba aura tenu bon, pendant 55 ans, face à l'agressivité cruelle de la plus grande puissance du monde. La grande île Caraïbe a vaincu tous les obstacles. Elle est même sortie grandie de l'effondrement de l'Union soviétique avec laquelle elle effectuait, en 1990, 83% de ses échanges économiques.
Aujourd'hui tout est ouvert. Bien au-delà du seul amour commun à Cubains et "Etats-Uniens": le base-ball.
Antoine Blanca