La Grèce aura bientôt une dette extérieure représentant 200% de son PIB annuel. Les députés minoritaires de la coalition Syriza, ceux qui se considèrent comme étant le plus à gauche, ont voté contre les propositions du gouvernement que dirige leur leader, Alexis Tsipras. Ils l'accusent d'avoir cédé aux pressions de la Commission européenne. En gros, de la puissante Allemagne dont le ministre des finances a été le plus dur dans les négociations qui ont abouti à un nouveau plan d'aide à la Grèce de 86 milliards d'euros. Athènes a dû accepter de nouvelles exigences qui, à terme, pénaliseront une population déjà durement éprouvée. Bien que, cette fois, ce devraient être les contribuables les plus riches (à l'exception de l'Eglise orthodoxe nationale), du moins les plus aisés, qui seraient touchés.
Je suis certain que Tsipras, appuyé par les 3/4 des parlementaires (ce qui est remarquable) de son groupe, n'a pas pris sa décision de gaîté de coeur. Mais l'histoire reconnaîtra son courage et, pourquoi ne pas le dire, son patriotisme. S'il avait choisi, comme le lui demandent ses amis minoritaires, le chemin de la rupture avec l'Europe, c'est à dire, en fait, avec le monde, il aurait jeté son pays du haut d'un précipice. D'ailleurs l'aile extrême de Syriza le sent bien qui parle beaucoup de "fidélité à un programme", mais se garde bien de proposer, à la lumière des récents débats, une voie différente susceptible de sortir le pays de l'abîme dans lequel les majorités successives précédentes l'ont plongé.
J'ai pour ma part la certitude que la majorité du peuple grec approuve, avec douleur sans doute, le choix courageux d'un leader qui a décidé de faire front à l'adversité. Parce qu'il aime son vieux pays. Et ses gens.
Antoine Blanca