Ce que l'on se plaît à qualifier pudiquement de "populisme" progresse partout dans le monde. Sous les auspices du vote démocratique. Pour le moment en Europe l'extrême-droite n'est au pouvoir qu'en Hongrie. Mais à chaque élection on assiste, comme hier encore en Pologne, à sa progression sous des camouflages divers. La peur de l'autre, de l'étranger en particulier, attise la haine la plus primitive.
Longtemps j'ai refusé de croire à un danger lepéniste en France. Je considérais ce mouvement comme un clan familial, sans projet politique cohérent, sans adhérents, sans cadres pour gouverner, fût-ce une petite ville. Je me trompais, je l'avoue. Non que ce parti fascisant ait amélioré ses capacités de gouvernance. Mais son message de rejet de tout ce qui vient d'ailleurs passe au-delà de l'imaginable. Alimenté par les conséquences des événements du Moyen-Orient, de la situation dramatique en Erythrée ou au Soudan et la persistance, parfois l'aggravation de la grande misère de ce que l'on nommait jadis Tiers-Monde...De quoi alimenter le discours xénophobe qui rencontre un écho grandissant chez les électeurs.
Il est temps de nous mobiliser. Sachons que dans le monde influent de la grande presse, qu'elle soit écrite, parlée ou télévisée, personne va nous aider: le FN (et son discours) sera traité comme un parti comme les autres. Son audience grandissante d'après tous les sondages justifierait un accueil de plus en plus ouvert des médias. C'est la règle. C'est même, vous dit-on, la loi. Si bien qu'on ne peut plus tourner un bouton, ouvrir un journal, une revue, sans tomber sur le discours lepéniste. Aussi, démocrates sincères, réagissons avec force et lucidité. Car une bonne moitié de Français refuse, pour le moment, de considérer la montée du FN comme un danger.
Un jour prochain il pourrait bien être trop tard...
Antoine Blanca