Le 6 décembre on votait aussi au Venezuela. Des législatives dont les résultats, encore incomplets, vont marquer le début de la fin de la tentative du commandant Hugo Chàvez et de ses successeurs, d'instituer une forme de socialisme original placé sous le signe de la "révolution bolivarienne". La coalition de tous les partis, de la droite extrême à la social-démocratie, est parvenue, cette fois, à mettre en minorité le PSUV, sorte de force hybride entre une armée progressiste et des civils d'inspiration marxiste ou nourris de patriotisme à la castriste.
Le président Nicolàs Maduro a pris acte de la défaite des siens sans amertume apparente, appelant même à l'esprit de coopération entre le nouveau parlement, qui entrera en fonction début janvier, et l'exécutif qu'il dirige.
Se trouvent ainsi démenties les affirmations de Washington et de la presse occidentale qui n'avaient pas hésité à mettre le pays de Miranda et de Bolivar au ban de la communauté démocratique. En réalité il y a bien eu, de la part du "chavisme", une tentation forte d'instaurer un régime autoritaire. Comme ses adversaires de classe ont eu recours à la violence et au sabotage économique.
Il est possible désormais que les nouveaux espaces qui s'ouvrent à la citoyenneté, permettent un dialogue civilisé afin de se pencher, ensemble, sur la situation d'un Venezuela qui subit de plein fouet la fin de l'Eldorado pétrolier et les effets de l'inconséquence historique dont ont fait preuve les dirigeants successifs depuis le renversement, en 1958, du dernier régime dictatorial (celui de Pérez Jiménez). "Il faut planter le pétrole!" préconisait dès 1938 un intellectuel plein de sagesse. Il est toujours temps de le faire dans un pays dont on a trop longtemps négligé les autres richesses. Et elles sont abondantes dans ce paradis livré au pillage de tous les démons du monde moderne.
Antoine Blanca