La constitution espagnole avait, croyait-on, prévu la possibilité d'un blocage législatif si les partis représentés au Congrès des députés (350 membres) ne parvenaient pas à trouver une majorité pour gouverner. Ainsi le texte fondamental ouvre-t-il même la voie à un gouvernement ne pouvant compter que sur une majorité simple. Mais celui que le roi avait chargé de réunir ces conditions, Pedro Sànchez le leader socialiste (90 élus), vient d'échouer par deux fois: d'abord à rassembler une majorité absolue, ensuite une majorité simple (davantage de "ouis" que de "nons"). C'est que ni la droite de Rajoy (123 élus), ni la gauche "indignée" (69 élus de PODEMOS et assimilés) ne veut céder sur ses principes. Rajoy parce que n'acceptant de participer au pouvoir que s'il le dirige ("nous sommes le 1er parti du pays"); PODEMOS parce que, tout en proposant un "front de gauche"*, continue d'exiger la tenue d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne (inenvisageable pour le PSOE qui juge que l'unité de la nation ne peut être un enjeu électoral).
Conclusion: je ne vois pas comment le recours à de nouvelles élections peut être évité devant cette double intransigeance.
Antoine Blanca
* le "front des gauches" proposé par le leader de PODEMOS ne compte pas, non plus, de majorité solide potentielle.