Les élections législatives espagnoles, six mois après celles de décembre 2015 n'ont, semble-t-il, apporté aucune réponse claire à la principale question posée: quelle majorité pourra légitimement gouverner le pays? Elles ont, toutefois, donné un nouvel éclairage au paysage politique de Madrid.
A gauche, en dépit de leur alliance avec "Izquierda Unida"(PCE et ses proches), les anti-système de Podemos ne sont pas parvenus à devenir la première force électorale de gauche. Le PSOE, malgré un nouveau recul (perte de 5 députés et de 200000 voix) garde sa place et ses fiefs.
Le leader de Podemos a beaucoup promis et sa part d'aventurisme commence à inquiéter ses électeurs potentiels. Quant aux socialistes, il est clair qu'ils vont se refuser à toute alliance. Il n'y aura pas de "grande coalition" à l'allemande. Le PP de Rajoy va devoir répondre seul de l'odeur fétide de corruption que son parti dégage. Mais le PSOE serait bien avisé de mettre à profit la longue période d'opposition qui s'annonce pour se réformer et offrir aux citoyens un visage plus avenant. Il y a beaucoup à faire...
Le parti fondé par le Catalan Albert Rivera, "Ciudadanos", a déjà perdu une grande part de son pouvoir de séduction. Avec ses 35 députés il va être fortement courtisé par la droite traditionnelle. Il demeure qu'aucune majorité stable ne se profile à Madrid...Inquiétant...
Antoine Blanca