En dépit d'une actualité ardente sur d'autres théâtres de la vaste scène mondiale, nous sommes encore quelques uns à nous préoccuper du sort des Espagnols qui vont voter le 26 juin. Hier soir à la télé, c'était le débat des chefs (Sànchez,PSOE; Rajoy, droite; Rivera, droite new look; Pablo Manuel* Iglesias, gauche débraillée...). Les échanges ont été plutôt pauvres, Rajoy mentant sans pudeur, par exemple, sur les impôts et le chef de Podemos, s'emmêlant (sur les faits comme dans les chiffres) sur au moins deux thèmes essentiels de gouvernement...
Je dois avouer mon pessimisme: l'Espagne n'aura pas, cette fois encore, de majorité de gouvernement stable. La seule possibilité se situe à droite. Mais Albert Rivera s'est montré très dur dans le débat vis-à-vis de Rajoy. S'il y a finalement accord, le chef du PP en verra des vertes et des pas mûres avec son éventuel partenaire...
A gauche, le leader du PSOE a décidé (il était temps) d'ignorer les appels équivoques à l'union de la part de Podemos. Sànchez voit bien que le jeune prof à la queue de cheval ne veut, au fond, rien partager. Pour le moment ce dernier devra déjà finir d'avaler IU, la gauche unie (donc aussi le PC). Et la digestion peut s'avérer difficile. Les socialistes paraissent décidés à avancer seuls, avec leur expérience et leur programme qui me paraît "tenir la route".
Dimanche 26 juin la démocratie espagnole entreprendra une nouvelle étape sur un chemin difficile...
Antoine Blanca
* Manuel est le deuxième prénom du leader de PODEMOS...L'utiliser me permet de contourner la coïncidence désagréable d'avoir à lui donner nom et prénom du fondateur du socialisme et du syndicalisme espagnols.