Elles devaient être les premières vacances du Président. Sous le signe de la réunion familiale et de la transparence
financière. Elles sont d'ores et déjà largement gâchées.
Et tout d'abord, sans surprise, par les manoeuvres de la presse conservatrice inspirées par l'opposition républicaine. Même si Obama paye sa villégiature sur ses
propres deniers (toutes les précisions ont été fournies sur ce point), on les juge trop luxueuses par temps de crise. Tout le monde ne disposant pas d'une belle famille propriétaire sur la Côte
d'Azur, il ira à l'hôtel. On mesure l'étendue du scandale.
La mort de Ted Kennedy a été durement ressentie à Washington. A la perte d'un ami et, à certains égards d'un mentor, s'ajoute la dimension politique de l'événement.
Malgré les handicaps résultant de son état de santé, le Sénateur Kennedy restait au coeur du dispositif présidentiel visant à faire approuver par le Congrès un ambitieux projet de réformes
touchant au système de santé et à l'éducation.
Enfin le reste de l'Amérique connaît une période agitée. L'acceptation par le Président colombien d'ouvrir sept bases militaires de son pays aux forces armées US
n'a pas fini de faire des vagues dans la région. Et nous pouvons le comprendre: il n'est jamais bon d'introduire le loup dans la bergerie. Chavez manifeste bruyamment son opposition à cette
décision qui menace directement les frontières de son pays. Il a une première fois rompu les relations diplomatiques acec Bogota, les a rétablies peu après avant de menacer hier, une nouvelle
fois, de couper les ponts. C'est son style, un peu déroutant, de gouverner. Mais je note que son inquiétude est largement partagée en Amérique du sud. Seul le Pérou, en fait, approuve le
Président Uribe.
Pour tenter de résoudre ce problème, et d'autres conflits potentiels de voisinage, un sommet sud-américains se réunit aujourd'hui au bord du grand lac de
Bariloche, au sud-ouest de la capitale, au pied de la cordillère. Un cadre splendide propice au dialogue.
Je compte beaucoup, pour ma part, sur la médiation de la principale puissance latine de cette partie du monde, le Brésil. Et sur l'habileté de son Président
Lula.
Mais derrière cette agitation je vois pour ma part la main ténébreuse d'un certain militarisme nord-américain et de ses services soucieux, surtout, de dresser des
obstacles sur la voie de la politique d'ouverture de Barack Obama. Les gouvernements progressistes du Sud devraient prendre en compte cette hypothèse vraisemblable et éviter tout ce qui pourrait
faire le jeu des forces obscures qui se proposent de saboter la démarche
démocratique de la Maison-Blanche.