Chaque jour apporte de nouvelles preuves sur l'importance des réseaux de corruption qui pourrissent jusqu'à la moëlle la
droite espagnole et sa formation unique, le Parti populaire. Dans les villes et régions autonomes qu'il contrôle, dans la capitale comme dans la région "Castilla y Leòn" le seul réseau dirigé par
Francisco Correa aurait "acheté", ces trois dernières années, pour plus de dix millions d'euros les gros contrats concernant les équipements et travaux majeurs. Selon le rapport de police
détaillé, accablant, rédigé par la "Unidad central de delincuencia econòmica", sur instruction du Tribunal supérieur de Madrid, ces extorsions massives étaient connues, voire encouragées par les
dirigeants régionaux et madrilènes du PP.
Voilà, provisoirement car l'instruction est toujours en cours, pour la partie de la Castille dirigée par la droite. Mais l'enquête a désormais largement débordé et, outre le petit monde entourant
la petite reine de Castille, Esperanza Aguirre, une grande partie du pays est impliqué dans des scandales majeurs dont l'un a pour triste vedette un ancien trésorier national du Parti populaire
et toujours sénateur: Luis Bàrcenas est en effet inscrit dans les comptes du corrupteur en chef Correa, pour près de un million d'euros.
Voilà comment la droite espagnole vit la crise dans les régions qu'elle contrôle. Car les scandales les plus gigantesques ne sont pas à Madrid et dans la région Castilla-Leon. Ils sont localisés
depuis plusieurs mois dans la région valencienne et agitent à ce point les élus de la droite, que le rapport des réglements de comptes entre corrompus(c'est en l'occurrence le cas de le dire), ne
cessent de faire, jour après jour, la une des journaux espagnols et d'alimenter les éditoriaux des commentateurs les plus reconnus.
On peut dire que la dite région, la plus riche de la péninsule, hier bastion de la gauche républicaine (elle fut, en 39 la dernière à continuer le combat), est devenue une chasse gardée d'un PP
qui la pille sans scrupule. Ici c'est par dizaines de millions d'euros qu'on calcule les dessous de table pour obtenir les contrats. Less magistrats poursuivent leurs recherches...
Voilà. Les électeurs sanctionneront-ils un jour ces hommes et ces femmes comme les voleurs de grand chemin qu'ils sont? Au vu des sondages, ce n'est pas certain. Seule l'abstention progresse. Et
avec elle le nombre de citoyens qui, de manière injuste (l'honnêteté des gestionnaires socialistes est reconnue), s'exclament "tous les mêmes, tous pourris!".
Regardons chez nous. Dassault vient d'être reconduit malgré les casseroles, les Alduy sont réelus, malgré les bulletins de vote dans les chaussettes de leurs adjoints, et les élections dans les
Yvelines n'ont pas vraiment sanctionné le parti de maires et d'un président du Conseil général corrompus.
Reste la possibilité que nous avons de réduire, par un travail patient, systématique, pédagogique, le taux de l'abstention.
Là sera peut-être le changement et le nouveau cours républicain.
Antoine Blanca