Ce qui se passe en Hongrie est, à mon sens, extrêmement grave. Et nous sommes en droit de nous étonner de la passivité précautionneuse de Bruxelles et des Etats membres de l'Union.
Car, tout de même, prendre tout le monde de court après un victoire électorale, en changeant aussitôt de Constitution et en promulguant une loi électorale aberrante(destinée à pérenniser au
pouvoir le parti liberticide et son chef) sont en soi des initiatives sans précédent dans notre Europe unie démocratique.
La Hongrie est, à ce jour, la seule nation européenne devant être placée en en alerte rouge. Mais, sous des habits divers, le mal est en train de s'étendre. Avec de forts relents de
xénophobie.
En France c'est la famille Le Pen qui porte les couleurs. Pour séduire, Marine n'hésite pas à invoquer le principe de laïcité. Essentiellement contre les musulmans. La nouvelle admiratrice de
Jules Ferry et des lois qui portent son nom, ne craint d'ailleurs aucune contradiction flagrante: les groupes d'action anti-avortement, anti-Pacs, les résidus divers des mouvements maurrassiens,
les groupes catholiques intégristes et les longues soutanes venues de St Nicolas de Chardonnnay, appuient ouvertemment le FN.
Mais Marine aime surtout, aujourd'hui, à faire parader deux jeunes associés, costumés et cravatés, cheveux courts et vocabulaire énarque. L'un est passé par tous les groupuscules
d'extrême droite, à commencer par celui de Bruno Mégret ce qui lui a valu des relations tendues avec le clan lepéniste. Aujourd'hui il joue au jeune technocrate censé apporter de la modernité
économique au projet FN. L'autre est un ancien "dir'cab" de Chevénement. Le galimatias idéologique propre à l'ancien ministre peut engendrer ce genre de monstre. Sans vouloir minimiser la menace
extrémiste, je dois dire que le "frontisme" ne réunit pas, toutefois, les ingrédients susceptibles de former un parti de masse à la mussolinienne ou à l'hitlérienne.
Le FN n'est qu'un rassemblement, important et confus, d'électeurs réfugiés dans l'anonymat, peu désireux d'exprimer publiquement des opinions personnelles en dehors des propos de bistro.
Heureusemment nous ne sommes pas à la veille de voir se reproduire la "marche sur Rome", ou la nuit "des longs couteaux". Soyons vigilants, organisons-nous en conséquence: mais gardons le
contrôle de nos nerfs.
Antoine Blanca