Le deuxième débat entre les 6 candidats à la prochaine primaire citoyenne voulue par le PS, s'est transformée en une démonstration de compétence sur tous les sujets venus en discussion. Comme les
échanges, sans être vifs, ont été cette fois plus vigoureux, les différences mieux établies, la presse se dit satisfaite. Entre le devoir de retenue, indispensable dans la perspective du combat
qui devra bientôt être mené en commun, et la nécessité de répondre à l'attente de journalistes et de téléspectateurs (ou d'auditeurs) friands de confrontations musclées, la voie est étroite. Et
dangereuse.
Pour ma part j'ai trouvé les échanges de qualité. Instructifs même sur nombre de sujets. Un peu trop destiné aux initiés de l'économie et du social dans une première partie, le débat a trouvé un
bon rythme par la suite. En tout cas notre intérêt a été retenu jusqu'à la fin. Je pense aussi que les électeurs (si l'on en exclut les inconditionnels de la droite), auront été rassurés: les
socialistes sont bien préparés à prendre la relève d'un pouvoir qui perd, un à un, tous ses repères, embourbé qu'il est dans les contradictions d'un chef aux caprices aussi nombreux
qu'imprévisibles.
Les commentaires qu'on entend autour de nous sur l'émission d'hier sont presque tous positifs. Il est même possible que le témoignage télévisuel de la diversité d'idées des participants, tout
comme la variété de caractère de ceux et de celles qui les portent, puisse se convertir en avantage.
Mon grand regret demeure le même que celui souligné après le premier débat: quid de la politique extérieure? Les animateurs de l'émission ne poussent pas leurs interlocuteurs à s'exprimer sur le
sujet. Et les intéressés paraissent ravis de ne pas être interpellés sur les nombreux thèmes qui font l'actualité et sont motifs d'inquiétude pour l'avenir. On peut encore espérer en la séance de
rattrapage du 5 octobre...Sans trop d'illusions: les medias estimant que cela n'intéresse que médiocrement l'auditoire, et les candidats, que certaines questions sont potentiellement explosives.
Antoine Blanca