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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 12:54

Dernière humiliation pour le Premier ministre grec: Merkel et Sarkozy ont insisté sur la signification de sa présence ce soir à Cannes, en marge du G20 dont la Grèce ne fait pas partie: il y a été convoqué, comme un écolier pris en faute. La précédente humiliation, il l'avait ramenée dans sa valise, déjà bien chargée, de la réunion de Bruxelles: son pays était mis sous la lourde tutelle de la République fédérale allemande. Cela fait mal à une nation que l'histoire moderne a déjà beaucoup malmené: les Ottomans, les Italiens de Mussolini, les Allemands à Croix Gammée...Le peuple grec avait vaillamment résisté, avait connu la guerre civile "chaude" annonciatrice de la guerre froide...

Aujourd'hui, on dit avec raison que la société et l'économie grecques n'étaient pas encore préparées à entrer dans la zone Euro. Sarkozy l'a lourdement rappelé en chargeant ses prédécesseurs, avec l'élégance qui lui est coutumière: Chirac et Jospin, il y a douze ans, n'avaient rien vu venir, dit-il, en admettant dans le saint des  saints monétaires un pays qu'il tient, avec ses propres limites culturelles, pour un peuple d'éléveurs de chèvres et de mangeurs d'olives noires. D'autres ont pu relire, avant lui,  une autre page de l'histoire, considérer que l'Europe ne pouvait être elle-même que si elle admettait dans son Union l'une de ses mères fondatrices.

Papandreou aurait pu, en 2009, après avoir gagné les élections, rejeter sur la dynastie politique de droite, les Caramanlis,  la faute de l'état critique dans lequel il allait trouver l'économie et les finances. Il aurait même dû faire établir un audit transparent pour faire acter l'incompétence et l'irresponsabilité de douze ans de conservatisme et de clientélisme primaires. Il a préféré confronter les dures réalités. Par patriotisme peut-être, pour ne pas ajouter de la panique à la crise. Par ignorance sans doute aussi, tant les réalités étaient ensevelies sous des tonnes d'artifices. Et gérées par une administration courtelinesque.

L'appel au peuple en vue d'une sanction populaire est une chose. Continuer de faire le ménage en est une autre. Diviser par deux, pour le moins, le budget d'une armée qui n'aura pas à affronter, quoi qu'on en dise, les féroces janissaires à une date prévisible. Le gouvernement grec vient d'envoyer un signal fort dans cette direction en limmogeant l'Etat Major. S'attaquer aux privilèges inouïs de l'Eglise. Le PS pourrait utilement faire parvenir à ses camarades du PASOK les textes des lois "de séparation" de 1905. En finir enfin avec les privilèges insultants des armateurs...

M. Papandreou: faites en sorte que le peuple de gauche soit derrière vous. Ce n'est pas incompatible avec la remise en ordre des comptes de la nation.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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