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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 12:40

Ce serait pécher par simplification que de situer le rôle de l'armée en Algérie au même niveau que le militarisme dans de nombreux pays africains. Même si l'ANP n'a plus qu'une lointaine relation avec l'ALN de la guerre d'indépendance, elle en est l'émanation officielle. C'est son brevet de légitimité, celui qui l'autorise, estime son Haut Etat-Major, à intervenir dans la vie politique et économique, à veiller sur la paix sociale, fût-ce au prix de répressions brutales. "Une exigence patriotique. Que serait l'Algérie sans nous?" me disait un général, à présent à la retraite. L'ANP n'avait-elle pas empêché le terrorisme islamiste de prendre le pouvoir par les urnes? En tout état de cause, l'armée demeure le passage obligé en vue du règlement des situations difficiles. L'élection présidentielle du 17 avril ne semble pas devoir échapper à ce schéma.

Pourtant, depuis la promulgation de la Constitution par Chadli Bendjedid en 1989 (Président de 1978 à 1992), le pluralisme a été instauré. Cette loi constitutionnelle n'a jamais été abrogée. Mais rares sont les Algériens qui croient en sa réalité. Pourtant, comme le rappelle Maître Koroghli dans "Le quotidien d'Oran", le colonel Rahal, alors directeur du commissariat politique de l'ANP, avait déclaré en 1989, à propos du pluralisme, que l'armée "ne saurait s'impliquer dans le jeu complexe des tendances, qu'elle était une force au service du seul pouvoir légal, qu'elle cessait de se considérer comme le bouclier de la Révolution. Désormais sa seule mission était la défense nationale".

Le 17 avril le 'pluralisme' aura respecté les apparences. Seulement les apparences. Il y aura bien, sur le papier, plusieurs candidats dont l'ancien Premier ministre Benflis. Mais le jeu de rôles permettre au sortant d'être réélu en dépit de son état de santé et de son absence personnelle pendant la campagne. Je pense pourtant que cet exercice ambigu ne sera, très bientôt, plus supporté par la société algérienne. Tous les acteurs de la vie publique, civils et militaires, devront tout remettre à plat et préparer l'avènement d'une Algérie nouvelle.

Pour pouvoir regarder sa jeunesse les yeux dans les yeux.

Antoine Blanca

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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