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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 19:31
Dans les premiers jours de 1989 je suis arrivé à New-York, au siège de l'ONU, investi par Perez de Cuéllar d'une fonction élevée dans cette organisation. C'est dans cette enceinte que j'allais apprendre la chute du mur qui se dressait entre les Berlinois. Les journalistes occidentaux l'avaient baptisé "mur de la honte". Cette définition s'est finalement imposée à tous. Je me suis mis alors à espèrer en un monde meilleur, pacifique, puisque cet événement historique marquait avant tout la fin de la guerre froide. Et sans doute pouvait-on envisager la fin de tout conflit d'envergure internationale.

Depuis sa création, ou peu s'en faut, l'ONU était paralysée dans de nombreux domaines. Pour les grandes décisions, celles en tout cas pouvant impliquer les équilibres fondamentaux, l'accord préalable des deux Grands était indispensable.
Avec l'effondrement du Mur, l'un des deux obstacles disparaissait. Un seul grand empire aurait pu signifier la paix.
Ce ne fut pas le cas. L'ONU rêvait de devenir l'arbitre universel suprême, mais il faut croire que personne ne le souhaitait vraiment. Les moyens nécessaires continuèrent d'être refusés aux grandes agences de développement du système onusien. Et si Bush père avait commencé à débloquer les énormes arriérés sur cotisation que Reagan avait bloqués pendant six ans, ce fut à doses homéopathiques et en exigeant des changements d'orientation et de direction (dont je fus d'ailleurs le premier à faire les frais).
 
Les "marchands de canon"ne peuvent jamais accepter un vrai cessez-le-feu général et planétaire. Leur business, c'est le sang et l'argent des autres.
Alors ce fut la première guerre d'Irak. Elle en annonçait d'autres.

Et puis on se mettra à construire de nouveaux "murs de la honte".  Tout aussi hideux, tout aussi criminels que celui abattu en novembre 1989.
A la frontière des Etats-Unis et du Mexique, une muraille réputée infranchissable dressée contre les misérables venus du sud du Rio Grande.
En Palestine, contre le peuple palestinien lui-même à qui on plantait ainsi un poignard dans le dos.

Non, en vérité, les constructeurs de Mur ont encore de beaux jours devant eux. Ces monuments à la laideur ne pourront pas, soyons en sûrs, être visités un jour par des touristes amateurs de belles choses, comme ceux qui viennent admirer la Grande Muraille de Chine.
Ceux qu'on construit aujourd'hui insultent le paysage et les gens qui l'habitent. Ils engendrent la désespérance par leur absence d'humanité.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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