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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 17:11

Aujourd'hui j'ai lu de bout en bout les articles de fond du quotidien madrilène El Paìs et j'ai pris conscience de la dure réalité: l'Espagne est, elle aussi, en train de sombrer dans la crise profonde. Et risque de ne pouvoir s'en relever, en haillons, que dans un nombre indéterminé d'années. Je m'étais refusé à le croire, comme on se refuse à croire à la maladie mortelle d'un être aimé. Je le sais bien, hélas, le pays de Cervantes est en bonne compagnie. Dans la péninsule ibérique d'abord, bien entendu, avec ce parent à la fois proche et lointain qu'est le Portugal. Mais c'est le Sud tout entier qui est frappé par le virus assassin. L'Italie, la Grèce sont montrées par le même doigt bruxellois vengeur. Sous un regard germanique sévère, celui qui ne pardonne pas.

Alors je le dis tranquillement: sans ces quatre pays du Sud, l'Europe ne vaut pas la peine d'être vécue. Chacun prendra ses responsabilités dans le grand jury qui prétend prononcer la condamnation à mort. Il ne fallait pas les laisser monter à bord, si on envisageait de les rejeter à la mer des requins.

On comprend bien la nécessité, pour les accusés, de faire leur examen de conscience, de rectifier leur conduite, de mettre de l'ordre dans une vie un peu insouciante. Mais la pénitence ne doit pas être le jeûne éternel. Elle doit être, bien, au contraire, le pain et le vin des frères. Les remèdes revigorants, les transfusions de sang de riches donneurs volontaires, les vitamines planquées par les bourgeois dans les placards de l'égoïsme.

L'Europe Unie doit donner la vie, pas la mort. Transmettre la joie, pas le deuil. Que les gens du Nord imaginent un moment ce que serait notre continent sans son Midi. Un plat sans condiments, sans fines odeurs à thym et à laurier, une salade sans huile d'olive.

Chacun sait que non seulement les malades peuvent être sauvés, que le médecines existent, que la renaissance est à portée de regard. Alors, sachons nous transcender par dessus les murs de l'argent mal gagné et des coffres glacés comme le métal.

Antoine Blanca

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 11:20

A  lire les déclarations de la Commission de Bruxelles, et de ses acolytes de l'OCDE, mettant en demeure le gouvernement français d'annoncer des mesures draconiennes d'encadrement des dépenses et du crédit, on serait fondé à penser que ces éminents technocrates ignorent ce qui s'est passé en France le 6 mai, et que des élections législatives vont se dérouler dans les deux semaines à venir. Or ce sont des changements importants que la France est en train de décider, notamment la mise en place d'une nouvelle politique fiscale fondée sur le justice et l'équité. Le Parlement va en débattre à partir du mois de septembre. Les objectifs sont clairs et les engagements vis-à-vis de nos partenaires seront tenus. Mais en empruntant les voies que nous aurons choisies. Ces messieurs de la Commission ne sont pas autorisés à mettre en doute notre détermination de réussir une nouvelle politique, dans le respect des règles et des objectifs qui nous sont communs.

Nous avons du mal à comprendre les raisons de l'arrogance du ton employé par les hommes de Barroso et ses mentors de l'OCDE. Comme si la persistance de leur échec manifeste les autorisait à donner de la voix. Ils n'ont jamais rien vu venir, rien pu prévenir. Et les voilà qui veulent faire obstacle à la résolution du peuple français telle qu'elle a été manifestée librement dans les urnes. Un minimum d'humilité, si ce n'est  de décence, s'il vous plaît. Permettez-nous de prendre nos marques et d'installer nos outils de travail.

La politique ultra libérale, le système européen de concurrence anarchique, de priorité donnée aux intérêts des groupes bancaires, les privilèges astronomiques dont bénéficient les grandes entreprises privées et les gros actionnaires, la destruction des services publics au détriment de l'intérêt général, sont autant de facteurs de la crise dont vous portez, gens de la Commission, largement la responsabilité. Votre modèle économique, inspiré de Milton Friedman, de Mme Thatcher, du reaganisme, est en train de s'effondrer.

Alors ne venez pas donner des leçons. Et laissez la France travailler à sa manière. Elle n'a jamais manqué à sa parole européenne.

Antoine Blanca

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 17:53

Selon un article de Proceso, 80 journalistes ont été assassinés au Mexique ces dernières dix années. Et 14 ont disparu, ce qui revient presque au même. Le grand hebdo, dont les articles de fond sont considérés comme une référence dans toute l'Amérique latine, met particulièrement en avant la situation dans l'Etat de Vera-Cruz (dont le port est au coeur de tous les trafics). Le 3 mai, journée mondiale de la Liberté de la Presse, trois reporters y furent découverts assassinés, leur corps baillonné et ligoté. Le symbole était clair, qui s'adressait à toute la profession, dont les membres, quand ils n'ont pas encore quitté la région ou le pays, vivent la peur au ventre.

Dans tous les pays latinos la tradition journalistique est profondément ancrée dans la vie citoyenne. On ne connaît pas d'écrivain de renom qui n'ait fait ses armes dans un quotidien provincial ou national. C'est le cas de Gabriel Garcia Màrquez en Colombie et de Mario Vargas Llosa au Pérou,  pour ne citer que des Prix Nobel. Naturellement la presse écrite est touchée par les mêmes maux qui affectent le reste de la presse mondiale. Concentrations des titres entre les mêmes mains, disparitions programmées, constitution de petits empires dominés par les propriétaires de chaînes de TV. Mais le prestige des grandes plumes demeure. Et  les vocations sont toujours aussi nombreuses parmi les jeunes.

Les agressions, les assassinats étaient, il y a peu de temps encore, principalement liberticides. On punissait le progressiste ou l'indépendant d'esprit. Au Mexique même j'avais un ami, Manuel Buendìa, billetiste fameux de l'Excelsior qui fut assassiné dans les années 1980. On n'a jamais su par quel clan politique (ou du moins lequel avait payé le sicaire). Le tout Mexico assista à ses obsèques, y compris le Président, alors José Lòpez Portillo. La différence est qu'aujourd'hui la terreur est le fait des cartels du trafic de stupéfiants. Et que les autorités ont cessé de protéger la profession. Des ONG dénoncent et réagissent. Mais pas les patrons de presse. Pas plus d'ailleurs, hélas, que les grands syndicats de journalistes.

Alors que l'Amérique latine vit dans une remarquable stabilité démocratique, qu'elle marche vers le développement, on ne se pardonnerait pas, par notre silence, de laisser au crime organisé les mains libres de mettre ces progrès en question.

Antoine Blanca

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 13:36

Un peu de Colombie a été reçu par le Président à l'Elysée. Enfin, ce raccourci est un peu audacieux. En fait c'est le journaliste et reporter Roméo Langlois, qui venait d'être relâché par la guérilla communiste colombienne, les FARC, que François Hollande accueillait dans ce palais de la République, pratiquement dès sa descente de l'avion qui l'avait ramené de Bogotà. Il était porteur d'une lettre du chef de cette armée irrégulière dont le texte n'a pas été rendu public. Du moins pour le moment.

"Le Président s'est montré très chaleureux, très intéressé par ce qui se passe en Colombie. Mais il a surtout écouté. Il voulait tout savoir de mon expérience et du pays où je travaillais..." Le hasard a fait que ce rendez-vous improvisé coïncidât avec "le Jour de l'Amérique Latine". Signe prometteur? Ce serait le premier, significatif, depuis de longues années. Et rien n'indique, pour l'instant, que le nouveau gouvernement soit davantage intéressé à la région que le précédent.

Chacun sait que Laurent Fabius regarde de haut et de loin cette partie de l'Amérique. Dans son cabinet, le conseiller chargé de cette région, historiquement et culturellement proche, doit suivre surtout l'Asie et l'Océanie. A la Maison de l'Amérique Latine où l'on célébrait la Journée mentionnée plus haut (en présence du Corps diplomatique), le gouvernement était représenté par le jeune ministre délégué au Développement (qui a lu un petit laïus préparé par les services, confondant UNASUR, 'Union des nations sud-américaines' avec 'nations sud-africaines'), il y avait surtout un Président du Sénat enthousiaste. Une ouverture de poids, peut-être. En outre un sommet sur l'environnement se tiendra dans deux semaines à Rio. Une occasion de rapprochement...Espérons-le. 

Ces dernières décennies ont été marquées, au contraire, par notre éloignement. Comme si seuls les drames (coups d'Etat, dictatures, guerres civiles, violations des Droits de l'Homme, détention d'un concitoyen...) éveillaient notre attention, notre solidarité ou notre compassion. Les régimes démocratiques s'étant consolidés partout depuis les années 1980, nos démarches n'ont plus été que commerciales*.

Nous devrions aller bien au-delà, intégrer l'Amérique latine dans un ambitieux programme stratégique à long terme. La nouvelle majorité se met à peine en place. Tous les espoirs sont donc permis. En attendant il y a eu cette première visite à l'Elysée, où un compatriote a pu parler de la Colombie. Exception ou signe positif précurseur?

Antoine Blanca

* Je n'oublie pas le réseau culturel, exceptionnel, lui, qu'il s'agit de faire vivre: partout des Alliances françaises, des Lycées, des Collèges et d'autres établissements scolaires.

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 10:50

Avec l'annonce de la libération du journaliste et reporter Roméo Langlois*, il était naturel que l'on reparlât de la situation d'autres compatriotes privés de liberté dans tel ou tel pays. Et, par un raccourci audacieux, mais hélas habituel, on en est venu au cas de Florence Cassez, arrêtée et lourdement condamnée à Mexico pour complicité d'enlèvements avec extorsion de fonds. Dans le même mouvement ont été rappelés d'autres drames: ceux que vivent des Français détenus dans le désert africain par 'Al Qaïda au Maghreb islamique' (Aqmi). De très loin, c'est la détention de ces derniers qui a le plus de signification politique, et qui doit nous inquiéter particulièrement.

Aux confins d'un Mali (tronçonné par une guerre qui ne dit pas son nom), de l'Algérie, de la Mauritanie, du Niger, nos concitoyens se trouvent dans une zone de non-droit, avec djihadistes et indépendantistes touaregs disputant le territoire, ensemble ou séparément, à un gouvernement reconnu par la loi internationale, mais lui-même aux prises aux soubresauts de l'incertitude. Il est réconfortant de savoir que nos autorités, à Paris comme dans la région concernée, diplomatiques et militaires, officielles et officieuses, sont mobilisées. L'entreprise est suffisamment délicate pour qu'on les laisse agir sans interférence médiatique ou partisane.

Mais en revanche, avancer le cas de Florence Cassez dans le même contexte est plus que mal venu. Cette jeune femme n'est pas aux mains d'une bande de pirates, mais de la justice d'un Etat de droit, reconnu par la communauté internationale. Si, à la fin du mois d'août, elle est libérée, ce sera parce que des irrégularités de procédure ont été reconnues et prises en compte. Non parce que son innocence aura été établie. Son dossier est plein d'incertitudes et la malheureuse a déjà passé sept ans en prison. Il est néanmoins avéré qu'elle vivait maritalement chez Israel Vallarta Cisneros qui a reconnu dix enlèvements avec rançon et un assassinat.

Ce qui continue de choquer l'opinion publique mexicaine, c'est la légèreté de l'intervention de Nicolas Sarkozy qui a traité leur pays comme on se comporte avec une république bananière. Florence Cassez n'est pas une ôtage détenue contre rançon. Soyons discrets et laissons faire les avocats et les hauts magistrats de la justice du Mexique**.

Antoine Blanca

* Langlois n'a pas, à proprement parler, été 'enlevé' par les FARC. Il couvrait, comme reporter, une opération militaire contre les rebelles. Blessé au bras, il a été trouvé sur le terrain alors que le détachement de l'armée avait décroché au terme d'un combat.

** L'aventurisme de Sarkozy était allé jusqu'à annuler "l'année du Mexique en France" qui avait demandé quatorze mois de préparation aux universitaires, conservateurs de musée, experts des deux pays.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 10:17

Les Tunisiens ont voté librement, pour la première fois, ont élu un parlement et un président. Les membres du premier sont, majoritairement, des islamistes "modérés". Le second est une personnalité bien connue des universitaires parisiens, un homme cultivé et tolérant. Musulman pratiquant sans étalage de bigoterie. On peut utilement échanger avec lui sur la signification des textes coraniques, des hadiths, de l'histoire des religions. Un érudit qui aime autant  la lecture que la politique et se trouve à l'aise dans ses relations avec les démocraties occidentales.

Théoriquement donc tout va bien dans notre si aimable Tunisie. Mais la réalité quotidienne est bien différente. Très minoritaires électoralement, les salafistes ne menacent pas moins la stabilité du pays. Des petits groupes de fous d''Allah ont le caillassage facile, menacent jeunes filles et femmes qui ne sont pas habillées à leur goût, saccagent des magasins, au prétexte qu'il y est vendu vin et spititueux, et commencent à attaquer des vignobles et ceux qui les cultivent. Ils ne tarderont pas à s'en prendre aux vestiges de l'antiquité et aux rares statues restant encore debout.

Apparemment la police regarde, passive, sans oser réagir à ces agressions et destructions. Et les ministres sont trop intimidés, par ceux qui prétendent détenir la vérité divine, pour donner des ordres convenables aux agents de sécurité. Les dirigeants du parti majoritaire, Ennahda (renaissance), craignent de se comporter en mauvais musulmans s'ils font réprimer ces manifestations de brutale intolérance, comme s'ils s'interrogeaient sur leur droit à  le faire, tout en restant de bons fidèles. Ils ont le fessier entre deux chaises et finissant par ne plus pouvoir s'asseoir tant il est déjà couvert de douloureuses ecchymoses. Quant au Président, l'homme est inexistant, inaudible. Le printemps tunisien a liquidé un Etat policier. Mais ne l'a pas remplacé par un autre, soucieux de faire appliquer la loi républicaine. Une minorité violente impose donc la sienne.

Quel avenir sera réservé à la Tunisie si les touristes continuent de bouder  le pays? Quel avenir, surtout, pour une jeunesse qui avait cru se libérer d'une dure servitude sécuritaire, si on l'abandonne à la terreur épisodique de gangs barbus sortis d'un autre âge? Il n'est que temps, pour le peuple de la liberté, de l'intelligence, de se regrouper, de s'organiser, de vaincre l'intimidation permanente. Ne laissons pas tomber ce pays ami dans une sorte de chaos talibanesque.

Antoine Blanca

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 17:12

Au moment où j'écris ces lignes, Kofi Annan, l'ancien patron de l'ONU agissant comme envoyé spécial de l'actuel Secrétaire général, s'entretient avec Bachar el Assad. Voilà des mois que la communauté internationale cherche la voie de sortie du labyrinthe syrien. Il est vraisemblable que la quête durera encore longtemps.

M.Annan est sans doute le diplomate onusien le plus expérimenté. Elevé dans le sérail, il connaît ses classiques, après avoir côtoyé plusieurs mondes: celui des indépendances et de leurs luttes, celui des délimitations des frontières entre les nations nouvellement libérées du colnialisme, les combats pour le développement et les conférences des non-alignés. Non alignés, bien entendu, sur l'une ou l'autre des super-puissances, du système politique et économique que, grossièrement, elles incarnaient. Il a mûri dans cet univers où la plus extrême prudence n'interdit pas la témérité calculée. S'il a accepté la mission confiée par Ban Ki Moon, c'est qu'il espère trouver une ouverture. Mais les massacres se succèdent sur le terrain et la fragilité de sa démarche diplomatique est de plus en plus apparente. Comme le sont les rides sur son visage.

Bachar n'est pas un tyran isolé. Ils sont des dizaines de milliers à avoir lié leur sort au sien. A l'intérieur du pays ils se battent le dos au mur. Au delà de ses frontières, tout est encore plus complexe. Les Russes veulent à tout prix préserver leur base militaire maritime ouverte sur la Méditerranée, les chiites d'Irak et d'Iran ne veulent pas d'un pouvoir sunnite, contrôlé par les Frères musulmans, s'installer à Damas, la Ligue arabe, un moment impliquée, a fini par quitter ce qui leur apparaissait comme un guêpier mortel.

Quant aux forces d'opposition, c'est devenu un imbroglio de partis et de religions, de compétition entre chefs militaires dissidents et ils n'ont pas vocation à la sainteté.

Le régime de Damas paraît décidé à jouer toutes les cartes. Y compris celle de la menace d'un conflit embrasant toute la région. Le Liban*, en premier lieu. Et la guerre de la communication bat son plein, chacun interprétant à sa manière les mêmes images, les mêmes tueries. La lassitude peut jouer en faveur du pouvoir en place. Le cynisme sans limite d'un système, face  aux incertitudes d'une opposition sans vrai visage.

Antoine Blanca

* Au Liban le régime Assad a de puissants alliés, l'organisation du Hezbollah, mouvement politique armé, majoritairement chiite.

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 17:35

Le foot tourne parfois au jeu de hasard. Quand par exemple la finale de la Coupe du Roi, équivalent espagnol de notre Coupe de France, oppose l'équipe phare du nationalisme basque, l'Athlétic de Bilbao, à l'emblématique Barcelona F.C., plus communément appelée Barça par ses suppoteurs catalanistes. C'est l'histoire d'une explosion annoncée. Heureusement elle ne blessa que les amours propres.

Si l'on ajoute que le match avait lieu à Madrid, symbole contesté du pouvoir central (au Vicente Calderòn, stade de l'Atlético), en présence des représentants du gouvernement et du Prince des Asturies, le "dauphin" Felipe (Juan Carlos 1er étant empêché par les conséquences non désirées d'une chasse à l'éléphant), et que le protocole exige l'interprétation de l'hymne national, on voit que tous les ingrédients propices à un beau chahut étaient réunis. On ne fut pas déçus.

Les organisateurs (la Fédération espagnole de football) avaient tout prévu. Du moins croyaient-ils l'avoir fait. "La Marche Royale" avait été écourtée au point de ne durer que moins de 20 secondes, des hauts-parleurs géants avaient été placés au sommet de tours géantes, spécialement dressées pour l'occasion, et le volume avait été réglé au maximum. En vain: la "bronca" sortie des poitrines de 20000 Basques et d'autant de Catalans, non seulement fut plus puissante que la haute technologie sonore, mais dura plusieurs minutes au-delà du dernier accord.

Le Prince, tout le monde le reconnut, demeura impavide sous les huées. Lesquelles, il est vrai, ne lui étaient pas personnellement destinées. Le Président du gouvernement, Mariano Rajoy, avait eu la chance de se voir retenu à Chicago par le sommet de l'OTAN. La présidente de droite de la Communauté madrilène, Madame Aguirre, s'était défilée avec l'inélégance qui lui est coutumière. Les autres se contentèrent de laisser passer l'orage et d'attendre le coup de sifflet de lancement du match...

Au fait, avant d'oublier: c'était cela la raison de ce rassemblement. Le football. Le résultat final vous intéresse? Le Barça l'emporta sans bavue. 3 buts (2 de Pedro et un de l'inévitable puce argentine, Messi) à zéro. Le Roi avait été content de regarder la retransmission à la télé...

Antoine Blanca

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 18:01

Le 2 octobre 1968 une manifestation d'étudiants fut réprimée dans le sang, place des "Trois cultures" (ou de Tlatelolco, pour rappeler le lieu où les hommes d'Hernàn Cortés, et leurs alliés natifs, massacrèrent 40000 Aztèques en 1525). Dix jours plus tard aura lieu la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Les forces de sécurité avaient convaincu le gouvernement de l'impérieuse nécessité de rétablir l'ordre à tout prix avant l'arrivée des délégations, de leurs supporteurs et de milliers de journalistes.

Le nombre de morts et de blessés, côté manifestants, n'a jamais été clairement établi. Sans doute entre 200 et 300 jeunes tombèrent sous les balles. Le gouvernement de l'époque est plus précis en ce qui concerne les pertes du côté des répresseurs: 50 morts (tués par qui?).

Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) était au pouvoir, comme toujours depuis 1929. Diaz Ordaz présidait le pays, Luis Echeverrìa était son ministre de l'intérieur et lui succédera deux ans plus tard pour un mandat de six ans. Il affirmait, en privé, avoir été trompé, par les chefs fédéraux de la sécurité, sur la nature, présentée comme insurrectionnelle, de la manifestation universitaire.

En tout état de cause il y eut, dans l'histoire moderne du Mexique, un avant et un après Tlatelolco. Le long mariage de raison unissant le peuple mexicain et le PRI, parti dominant mais pas parti unique, changea de nature (même si les "priistes" se maintinrent au pouvoir 32 ans de plus). Après deux mandats présidentiels de la droite (PAN ou parti d'action nationale), tout indique que l'ancien parti de pouvoir va revenir à la tête de l'Etat fédéral. Il contrôle déjà la majorité des Etats.

Alors les étudiants sont redescendus dans la rue. Et ne paraissent pas disposés à la quitter, d'autant que leurs parents et leurs familles commencent à les rejoindre, en grand nombre. Sont-ils au service d'un candidat plutôt que d'un autre? Ils le nient vigoureusement. "Nous crions ce que nous ne voulons plus!". Mais leur mouvement ne peut que favoriser André Manuel Lòpez Obrador (dit AMLO), leader de la gauche*. Ce dernier a d'ailleurs la certitude que le président sortant, Felipe Calderòn, lui a volé l'élection il y a 6 ans.

Malgré  tout le candidat du PRI, Peña Nieto, ancien gouverneur de l'Etat de Mexico, devrait l'emporter le 1er juillet. Si c'est le cas, il ne devra pas oublier le vaste mouvement d'indignation qui secoue en profondeur la société de son pays. Et ne pas continuer de penser que la seule machine à gagner électorale, sur laquelle il s'appuie, pourra pallier indéfiniment l'absence de vrai débat, d'ouverture politique et médiatique, de transprence gestionnaire.

Antoine Blanca

* PRD, Parti Révolutionnaire Démocratique, fondé par Cuauhtémoc Càrdenas, alors figure montante du PRI et fils du plus populaire des Présidents post-révolutionnaires, Làzaro Càrdenas. Il se tient désormais en marge de la vie politique active.

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 15:40

Le dernier sommet des Amériques (Cartagena de Indias, Colombie, 14 et 15 avril 2012) s'est soldé par un cuisant échec pour les Etats-Unis. Il n'y a pas eu de déclaration commune finale, plusieurs leaders latinos ont refusé d'y assister personnellement, et les pays membres ont renouvelé, avec humeur, leur volonté de voir Cuba invitée à participer à toutes les réunions organisées sous les auspices de l'Organisation des Etats Américains (OEA). Seuls Washington et Ottawa s'opposent à voir la grande île caraïbe représentée aux Assemblées générales de l'OEA et aux sommets que celle-ci patronne tous les trois ans. La fois précédente c'était à Trinité et Tobago (2009) et il y avait été décidé que "c'était le dernier sommet sans Cuba". Engagement non respecté par la volonté du grand pays du Nord.  La plus dure: Hillary Clinton que l'on ne connaissait pas comme championne du conservatisme.

Or Cuba, qui avait été expulsée de l'organisation en janvier 1962 (à Punta del Este, Uruguay), a été formellement réintégrée par l'assemblée générale ordinaire de 2009. C'est donc en toute illégalité que les Américains ont encore imposé leur véto. Au nom de la démocratie et des droits de l'homme, prétendent-ils. Pourtant les cubains avaient fait savoir que, s'ils étaient invités, ils répondraient positivement et "participeraient avec respect" au 6e Sommet.

Le pays hôte et son Président J.M.Santos ont été les premiers à protester vigoureusement contre une attitude jugée offensante pour tous les pays de la région. Seul le Mexique de Felipe Calderon s'est singularisé par son mutisme sur la question. C'est d'autant plus surprenant que ce grand pays avait été le seul, en 1962, à maintenir des relations diplomatiques actives avec le gouvernement de Fidel Castro. Comme il l'avait fait, avec honneur, avec la République espagnole: Mexico ne reconnut jamais le régime de Franco. Mais sans doute que Calderon se tient sur la réserve en attendant les élections qui vont être célébrées dans son pays le 1er juillet prochain. La réelection du Chef de l'Etat est interdite par la Constitution, et son parti (PAN, droite libérale), n'est pas le favori des sondages.

Pour conclure: l'OEA, créée par les Américains pour servir leur diplomatie et leur politique de sécurité dans cette partie du monde, est en train d'échapper à ses créateurs.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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