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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 13:14

Je reçois des messages d'amis mexicains surpris par la démesure de l'accueil, tant médiatique qu'officiel, réservé à Florence Cassez à son retour au pays, après sa libération. Ils sont près d'y voir une mauvaise manière à l'égard de leur pays. En 2012 le président Sarkozy avait déjà annulé unilatéralement "l'année du Mexique en France" en préparation depuis des mois. Après tout, disent mes amis, il ne s'agit pas d'une héroïne nationale, victime d'un Etat tyrannique. Mais d'une condamnée de droit commun sans doute frappée par une erreur judiciaire. Dans les faits, ce qui est certain, c'est qu'un ministre de l'intérieur voulant plaire à son opinion publique, a organisé, à posteriori, la mise en scène télévisée de son arrestation grâce à une chaîne particulièrement complaisante(Televisa).

Inacceptable. Et le Tribunal Suprême, dont la composition avait changé avec l'installation d'un nouveau Chef de l'Etat, a fini par reconnaître cette grave faute de procédure, et a fait libérer sans délai la malheureuse jeune femme qui venait de passer sept années en prison. Quelques heures plus tard, elle était rapatriée.

Cela justifiait-il que toutes les chaînes d'info en continu interrompent tous leurs programmes, oublient tout le reste de l'actualité nationale et internationale, même la plus brûlante; que notre ministre des affaires étrangères accueille la libérée à l'aéroport, que le Président la reçoive aussitôt à sa table? Son prédécesseur, pour ne pas être en reste, invitant à son tour l'intéressée dès le lendemain...

Ne fait-on pas dans l'excès en agissant ainsi? Le Mexique dans son ensemble, frappé durement par l'industrie du crime, les gangs de la drogue, les kidnappings avec rançon, n'a pas vu les choses avec la même complaisance que le France. Obéissant à des réactions passionnelles qui traduisent leur désarroi, 80% des citoyens de ce pays de 110 millions d'habitants, le premier de langue espagnole, se sont dits offusqués par les conditions de cette libération.

Le déchaînement des passions est sans commune mesure avec l'événement lui-même. Il faudra beaucoup de patience et de doigté pour les appaiser. Et faire en sorte que les ralations franco-mexicaines retrouvent la sérénité.

De Gaulle et Mitterrand avaient consacré à Mexico leur première visite officielle aux Amériques latines. L'un et l'autre y avaient prononcé des discours qui se voulaient fondateurs d'une amitié exceptionnelle entre deux grands peuples. On était alors dans la grandeur...

 

Antoine Blanca

 

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 10:33

L'ONU, en dehors de son budget ordinaire de fonctionnement, ne dispose  pas de fonds propres. Ayant soutenu les opérations franco-africaines pour restituer à Bamako ses territoires occupés par les terroristes, il lui faut bien, à présent, aider à financer cette campagne. Et l'effort de prévention à venir. Aussi, dans la logique de l'appui moral et politique apporté aux libérateurs, l'organisation internationale a-t-elle ouvert une "conférence de donateurs" destinée à soutenir matériellement l'effort de guerre des Africains. Autrement qu'en bonnes paroles. Espérons que les fonds promis ne resteront pas au stade de l'effet d'annonce. Comme c'est trop souvent le cas...

La "conférence de donateurs" consiste, sous l'égide du Secrétariat général de l'ONU, à réunir les représentants des Etats membres qui souhaitent y participer. A cette occasion chacun annonce le montant, en monnaie américaine, qu'il est disposé à consentir. On sait à l'avance que certaines promesses ne seront pas tenues: en moyenne ce sont les 2/3 des sommes annoncées qui parviennent réellement, dans le 12 mois qui suivent, au(x) destinataire(s)*.

Le Mali, le Sénégal, le Tchad, le Niger(riche en uranium) et le Nigéria (anglophone et riche en pétrole) seront, à terme, les plus engagés sur le terrain. Les trois premiers sont trop pauvres pour doter leurs excellents soldats du matériel nécessaire à des opérations de longue durée. Pour payer régulièrement les soldes aussi (ce qui constitue la meilleure garantie contre d'éventuels coups d'Etat).

Pour veiller aux frontières du désert, il faut disposer d'un équipement adéquat, et du personnel compétent pour assurer son entretien.

Les pays européens ont été les principaux donateurs. Ils seront aussi les plus rapides à mettre en application leurs promesses. Européens et africains membres de la CEDEAO** devront, avec l'aide et la logistique précieuse des Etats-Unis et du Canada, installer ensuite leur propre dispositif pour qu'un nouveau front ne s'ouvre pas à l'avenir. Une sorte de nouvel Afghanistan en Afrique. A deux pas de la Méditerranée. Et, du fait de la proximité idéologique aavec les 'chebabs' de Somalie, au bord de la mer Rouge...


Que tous les intéressés se mettent à l'ouvrage. Et ne se contentent pas de dire: "Merci la France!".


Antoine Blanca


* La Conférence vient de se tenir à Addis-Abeba. Elle a enregistré 439 millions de dollars en promesses de dons.

** CEDEAO Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest.

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 10:59

Nous sommes en droit de penser que la reconquête du nord du Mali sera bientôt réalisée. Gao est désormais sous contrôle et Tombouctou est une ville ouverte, ayant été évacuée par les bandes armées.

La question qui va rapidement se poser concerne le plus long terme : comment assurer aux pays du Sahel, cibles potentielles des groupes d'inspiration 'al qaïdiste', une paix durable dans leur désert ?

La première réponse relève du domaine économique et social. Le délabrement actuel des institutions dans chaque Etat (sécurité, enseignement, santé, centres sportifs...) entraîne l'instabilité et compromet toute perspective d'avenir.

L'Europe doit s'impliquer complètement dans un plan régional, soutenu par l'ONU et ses agences spécialisées. La misère, le désoeuvrement et le désespoir sont les meilleurs agents recruteurs de l'extrémisme.

Cet extrémisme menace directement les Européens. Il menace aussi tous les pays frontaliers du Mali. Ces derniers ne doivent pas se tromper : nul n'est à l'abri. Se dire, comme on a pu l'entendre, que tant que les terroristes sont ailleurs, ils ne s'occupent pas d'eux-mêmes est une erreur fatale. Tout oasis ou petite ville conquise est considérée comme une base pour des opérations criminelles chez les voisins. En la matière, les attitudes égoïstes traduisent l'imprévoyance et la lâcheté.

La seconde réponse concerne les différents groupes de touaregs. Ces habitants historiques des régions menacées viennent de faire une expérience douloureuse : s'allier avec les extrémistes mène au désastre. Il convient à présent d'établir avec ces populations aujourd'hui sédentarisées, un dialogue permanent et constructif. Faute de cela rien de solide ne sera bâti dans le Sahel.

Pour la France, l'opération de police sera terminée dans quelques semaines. L'idéal serait qu'une force de la CEDEAO, assure la relève sur le terrain. Les Etats concernés nous diront ensuite ce qu'ils espèrent de nous en matière de formation militaire et de coopération dans d'autres domaines.

Quant à l'Algérie, pays dont le concours est indispensable à toute politique régionale de sécurité*, elle aura bientôt tiré de précieuses leçons du drame d'In Amenas. Et il est possible, que certaines méfiances ayant été levées, une relation d'un nouveau type s'établisse avec la France.

 

Antoine Blanca

* L'Algérie est évidemment concernée par toute politique touchant les Touaregs.

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 13:46

François Hollande était annoncé dans la capitale chilienne. C'est finalement Jean-Marc Ayrault qui a fait le long voyage. La situation au Mali paraissait requérir la présence à Paris du Chef des Armées...En revanche d'autres chefs d'Etat et de gouvernement européens étaient là. Dont Mme Merkel et Mariano Rajoy. Les patrons des Etats latinos avaient, presque tous, fait le voyage.

C'était une double"première": celle du premier sommet Europe/Amérique latine-Caraïbes CELAC (60 pays représentés); et la toute nouvelle Communauté des Etats latino- américains et Caraïbéens inaugurait, par cette grande messe, son apparition sur la scène internationale. Naturellement la 'Sainte Trinité' de Bruxelles était là: Van Rompuy, Durão Cardoso, Cathérine Ashton. Deux jours de réunion (samedi et dimanche). Des centaines de chefs d'entreprise avaient été invités.

Les autorités chiliennes avaient mis les petits plats dans les grands...

 

On me dira peut-être: mais est-ce votre rôle de jouer à l'agence de presse en annonçant l'événement sans pouvoir commenter ses résultats...puisque le sommet ne finira que dimanche soir.

En fait je voulais corriger un oubli d'importance des moyens de communication français. Ils étaient sans doute  trop occupés à couvrir en grand le retour (heureux, bien entendu), mais fallait-il, pour autant occulter les vrais événements internationaux?!), d'une française condamnée au Mexique dans une affaire de droit commun.

 

Antoine Blanca

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 16:35

La vraie réponse à la manifestation de la droite et du cléricalisme du 13 janvier dernier sera celle du Parlement de la République. Je vois mal la raison d'appeler les pro-mariage pour tous à battre une nouvelle fois le pavé. J'ai mes arguments en appui à mes doutes :


1- la manif de la droite paroissiale était en préparation depuis des semaines dans tous les évêchés, tous les établissements scolaires confessionnels, toutes les associations de parents d'écoles 'libres'. Une grosse machine avec la plupart des élus de droite en coulisse, des municipalités aux régions.


2- Un vaste rassemblement en appui aux parlementaires qui s'apprêtent à voter la nouvelle loi, doit être massif au point de dépasser en nombre celui du 13 janvier. Tel ne sera pas le cas. Car si la majorité des citoyens soutient le projet, la gauche n'est pas prête pour autant à descendre dans la rue.

En effet l'organisation s'est faite en dehors de ses canaux habituels : partis, syndicats, associations. Une grande majorité des militants et des sympathisants ne se sent pas concernée par ce rassemblement. Pour elle tout doit désormais se passer au Palais Bourbon et au Palais du Luxembourg. La victoire républicaine est donc assurée.


3- On n'a rien à gagner à jouer éternellemennt le jeu de la contre-manif en riposte à la manif...

 

Il est à craindre qu'en fin de compte le défilé de dimanche prochain ne ressemble à une Gay Pride, l'environnement festif en moins...

 

Antoine Blanca

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 10:50

Le Parti Populaire, unique parti représentatif de la droite espagnole, actuellement au pouvoir, est embourbé dans de grossiers scandales de corruption, une situation économique et sociale presque ingérable et l'agitation indépendantiste de ses alliés catalans.


Les signes avérés de  corruption massive au sein de la droite espagnole ont été dénoncés depuis longtemps par la presse indépendante de Madrid. Au pouvoir depuis belle lurette dans les communautés autonomes du Pays Valencien, de la région de Murcie et dans la capitale, les détournements massifsde fonds publics, et les conflits d'intérêt de haut vol ont contraint de nombreux ténors du PP à la démission. Ils doivent maintenant s'expliquer, avec l'assistance de coûteux avocats, devant la justice. Mais aujourd'hui le scandale se situe aussi au niveau national.


En 2005 le gouvernement socialiste de José-Luis Rodriguez Zapatero avait fait abroger une loi qui autorisait les partis reconnus, au-delà des subventions publiques, à recevoir des dons anonymes dont le montant était illimité. Les sommes perçues devaient toutefois figurer dans les comptes justificatifs. Mais avec le scandale touchant le dernier trésorier du PP, Luis Bàrcenas (lui et deux autres personnalités possédaient des comptes multi-millionnaires en Suisse), on a découvert que le PP avait tenu une comptabilité parallèle alimentée par les donations anonymes. Avec une partie de ces fonds non déclarés, chaque mois, le trésorier distribuait des enveloppes personnalisées, dûment cachetées, d'un montant proportionnel à l'importance des fonctions occupées par les cadres. En moyenne 10000 euros par enveloppe. Parmi les bénéficiaires on va jusqu'à citer Manuel Aznar (qui menace El Pais d'une attaque en justice) et l'actuel chef du gouvernement, Mariano Rajoy. Mais jusqu'ici on semble être dans le domaine de la spéculation. Ces primes anonymes visaient sans doute à  aider les destinataires à surmonter les durs temps de l'opposition...

Un scandale majeur egeneralitatst donc annoncé par une partie de la presse espagnole.

Seule une membre de la direction du PP a déclaré être disposée à ouvrir ses comptes bancaires aux enquêteurs.

 

Autre cauchemar de la droite gouvernante: la Catalogne où les conservateurs catalans, alliés pour la circonstance à la gauche républicaine, veulent faire débattre le Parlement de cette région autonome d'un projet de référendum souverainiste. Mais de violentes disputes opposent le président de la Generalitat, Artur Màs, à ses amis de l'aile Uniò de la CiU*. En fait ce parti de centre-droit a déjà éclaté. Le PS catalan est contre le referendum projeté.

Le seul point d'accord au sein de la coalition au pouvoir: le refus d'obtempérer à l'ordre du gouvernement central de présenter un budget en équilibre. Celui de la Generalitat affichera un déficit de 2,5% cette année. Il s'ajoute à une accumulation de comptes négatifs. Dans une entreprise on dirait que la Catalogne est en faillite.

 

Enfin, autre casse-tête pour Rajoy: le taux de chômage atteint 26% de la population en âge de travailler, et une partie des chômeurs a même renoncé à chercher du travail. De quoi broyer du noir. Le désastre est tel que même la gauche hésite à se réjouir de malheurs de ses adversaires. Quant à l'union européenne elle a déjà rappelé qu'il n'était pas envisageable d'accueillir en son sein des Etats sécessionnistes.


Antoine Blanca


* CiU, Convergencia i Uniò en catalan est supposée unifier deux forces politiques, Convergencia et Uniò; aujourd'hui elles ont engagé une procédure de divorce...

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 11:21

Dans un pays comme un autre, ce qui vient de se passer en Israël paraîtrait normal : la crise économique et sociale, la laïcité de l'Etat, l'éducation ont été les problèmes au coeur du débat...Quoi de plus logique alors que le gouvernement Nétanyahou est à la peine pour boucler un budget d'austérité et  qu'il a dû, pour cette raison, avancer la date des élections : elles étaient en principe prévues en octobre prochain.

Mais Israël est un pays différent. Par les conditions très particulières de sa naissance en 1948 grâce à une résolution de l'assemblée générale de l'ONU ; parce que cet Etat méprise souverainement la loi internationale et agrandit arbitrairement le territoire qui lui a été accordé en 1967 ; parce que son problème principal est, à nos yeux, celui de la reconnaissance d'un Etat Palestinien et qu'il n'en a été question que marginalement dans les programmes des différents partis politiques.

Cela nous paraît un contre-sens. Les Israéliens tournent le dos à une impérieuse réalité. Cette ignorance peut leur coûter cher un jour. Elle signifie que leur électorat considère que la situation est entre bonnes mains, grâce à un bon appareil de sécurité, intérieure et extérieure, et à une armée citoyenne performante. Cette légèreté d'appréciation a de quoi nous inquiéter.


L'élection d'hier nous a cependant apporté son lot de surprises. Ainsi le parti du Premier Ministre (le Likoud, droite libérale), a-t-il sensiblement reculé. La coalition qu'il dirige perd 10 députés (l'assemblée, Knesset, en compte 120) Mais il va rester au pouvoir grâce aux partis religieux* et d'extrême droite. En revanche les candidats laïcs ont progressé, surtout le nouveau parti du centre. Le MAPAÏ (travaillistes) progresse faiblement. 


En résumé le nouveau gouvernement va dépendre davantage de l'extrémisme, ce qui n'est pas rassurant. Un pouvoir fragile, otage des principaux ennemis de la paix. Les trois années à venir s'annoncent pour le moins délicates...

 

Antoine Blanca


* Les pères fondateurs voulaient un Etat laïc et égalitaire. Nous voilà avec des ministres religieux sépharades ou askénazes, des milliardaires russes plus ou moins connus comme trafiquants...Ce n'est pas réjouissant pour ceux qui avaient applaudi à la naissance d'une nouvelle expérimentation du socialisme démocratique. L'utopie créatrice a définitivement vécu.


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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 17:31

Pour arrêter l'offensive sur Bamako de la bande al-qaïdiste, la France a dû jouer le double rôle de pompier et de police-secours. Tous ceux qui critiquent la rapidité de cette intervention d'urgence sont de mauvaise foi. Seul notre pays était prêt et disposé à le faire. L'Union européenne réfléchit encore, et attend des journées d'étude, des évaluations plus approfondies de la situation. Il faut toutefois souligner que certains pays amis, comme l'Allemagne et le Royaume Uni ont apporté une aide technique rapide et non négligeable. Mais sans la détermination de la France la communauté internationale aurait à supporter les conséquences d'une crise sans précédent : un vaste pays africain serait aujourd'hui tout entier entre les griffes de prédateurs utilisant leur version de l'Islam comme idéologie, les trafics en tout genre pour arme budgétaire, une interprétation barbare de la Charia comme système judiciaire et le viol des filles pubères pour le repos du guerrier. A partir d'une telle base, le terrorisme avait des beaux jours devant lui.

 

Admettons que les pays riverains du Mali parviennent enfin à réunir, sous commandement d'un  général nigérien (déjà nommé), une force convenablement motivée et entraînée capable de sécuriser les frontières de la partie nord du Mali avec leurs frères de ce dernier pays. Cela est une hypothèse réalisable.

Mais les jours d'après ? La misère que connaissent les pays du Sahel resterait entière. Il faut que l'Europe et, peut-être l'Algérie,  s'accordent sur un plan à long terme pour sécuriser les pays concernés sur le plan alimentaire et aider, avec l'accord des gouvernements de la région, à la consolidation de forces de sécurité et de maintien de l'ordre.

Pour un tel projet, dont la mise en place est indispensable si l'on veut éviter la répétition de ce type d'événements, la France ne doit pas être seule.

 

La dernière chose que le gouvernement français souhaite est de devoir rester trop longtemps dans le pays libéré mais encore fragile. En ce moment même des spécialistes français et maliens discutent avec des personnalités représentatives des différents courants Touaregs. Ces derniers ont été dupés par des gens dont ils ne partagent ni les pratiques, ni l'idéologie.  La destruction de leurs temples, les violences dont ils ont été l'objet, leur ont ouvert les yeux. Mais la véritable paix dans la région ne se fera pas sans eux...Et sans que leur soit donné satisfaction sur leurs revendications les plus justifiées.

 

Nous apprenons sans surprise que, dans les villes libérées, les soldats français restent à la périphérie, tandis que les maliens patrouillent dans les rues. Tout un symbole de la nouvelle politique française pour l'Afrique.

 

Antoine Blanca

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 17:09

Une chose paraît acquise : les bastions que les al qaïdistes s'étaient attribués dans le nord du Mali ont été évacués par les envahisseurs. Sous la pression musclée de la force française d'intervention et de l'armée malienne. Mais il nous paraît aller de soi que les opérations ne peuvent prendre fin qu'avec la libération de la totalité du territoire. Qui doit terminer le travail ? Les Maliens en premier lieu qui doivent reprendre le contrôle de tous leurs postes-frontière. Qui doit leur porter assistance ? Les militaires de la mission africaine créée à cette fin par la CDEAO. La France doit-elle continuer à collaborer avec ses moyens en hommes, en matériel et en logistique à cette reconquête ? Certainement, tant que le gouvernement malien le jugera indispensable.

On a essayé d'opposer sur ce point Jen-Yves Le Drian (ministre de la Défense) à Elisabeth Guigou, (présidente de la Commission correspondante de l'Assemblée). Tentative artificielle puisque, après lecture et analyse, l'un et l'autre ont dit la même chose : il appartient aux Africains de sécuriser toutes les frontières de cet immense pays. La France ne restera pas un jour de plus que nécessaire.

Sauf que, dans le moment présent, les forces africaines n'arrivent qu'au compte-gouttes. L'objectif étant de réunir une force opérationnelle de 5 000 hommes. La France participera à leur formation, si cela est souhaité. Mais cette force n'est pas encore arrivée dans son intégralité.

Unanimité donc autour du gouvernement dans un premier temps. Ceux qui, à droite, se sont mis à émettre des réserves, l'ont fait en utilisant des arguments artificiels, de circonstance. Pour tout dire, misérables. Nous serions seuls ? Bien au contraire, nous avons reçu un appui politique quasi-unanime de la communauté internationale. Appui matériel aussi de plusieurs pays européens et des Etats-Unis. Certes ils n'ont pas envoyé des troupes combattantes. Mais personne ne nie, dans le monde, la nécessité d'intervenir pour arrêter l'offensive du terrorisme djihadiste sur Bamako. 

L'avenir dira, nous en sommes certains, qu'il est désormais vital de prendre solidement le contrôle de tout le nord du Mali : d'où venait le commando qui s'est attaqué aux installations pétrolières et gazières d'In Amenas ? Justement du nord du Mali.

Il est déplorable de constater que, quelle que soit la situation, même quand la France est en guerre, certains continuent à ne faire que de la politique politicienne.


Antoine Blanca

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 12:22

N'en doutons pas: les principales victimes du terrorisme islamiste, salafiste, djihadiste etc... sont les musulmans eux-mêmes. Il n'est que d'observer ce qui se passe en Afrique du Nord, et désormais en Afrique sub-saharienne. Les citoyens ordinaires, dans ces régions, sont en majorité musulmans. Ils observent les prescriptions fondamentales de ce qu'ils tiennent pour le message du Dieu unique, transmises par le Prophète. Ils observent le mois de jeûne de Ramadan, font la prière tournés vers La Mecque, quand ils le peuvent, s'acquittent de la dîme destinée à secourir les plus démunis et, les moins pauvres, économisent pour effectuer le pélérinage à La Mecque. Enfants ils ont peut-être eu la chance d'apprendre quelques versets du Coran sous la baguette d'un taleb*, plus ou moins ignorant. Ils ne mangent pas de porc et évitent de consommer des boissons alcoolisées.

Mais les activistes de la mouvance 'Al qaïda', à partir d'une étrange interprétation salafiste et wahabite de l'Islam, professent une sorte de nouvelle religion. Ils veulent un retour du monde musulman au VIIe siècle. Avec, pour seule concession à la modernité, le kalachnikov et les missiles sol/air. Je me souviens de ces grands prêtres du FIS algérien habillés en pakistanais de la zone tribal. Quand ce n'était pas en guerrier taliban. Sans l'horrible drame qui se dessinait déjà, on aurait pleuré de rire!

Voilà ce que les bandits d'AQMI, et de ses sucédanés**, prétendaient imposer aux Maliens et aux Touareg. Avec la Charia en prime et le rétablissement du droit de cuissage en guise de repos du guerrier...

 

Avant de sombrer dans l'islamophobie, regardons la réalité en face. Ces barbares djihadistes sortis de temps obscurs ont fait une tentative d'asservir des pays de l'ouest africain. Non pour faire triompher une idéologie quelconque (la plupart de ces fanatiques n'ont qu'une connaissance tout à fait primaire et déformée de l'Islam), mais pour élargir leur base arrière et le champ de leurs trafics et de leurs chantages. Ils voudraient pouvoir négocier leur départ en obtenant des rançons millionaires avant de retourner à leurs repaires habituels.

En proclamant haut et fort, le refus de toute négociation, la France et l'Algérie ont effectué un pas décisif vers la liquidation définitive de ces forces du mal en Afrique et en Europe.

 

Antoine Blanca

 

* Taleb, personne chargée d'enseigner les rudiments de l'Islam; cela peut aller d'un par-coeuriste primitif connaissant les sourates de manière récitative, à un véritable érudit en matière religieuse.

** succédanés: en ce qui touche AQMI, des haines entre chefs à des disputes à l'heure de partager le butin, le groupe originel s'est scindé en plusieurs mouvements qui entrent parfois en compétition.


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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