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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 17:38

C'était chose entendue depuis le 6 mai 2007: Sarkozy ne libérerait la place qu'au terme de son deuxième mandat. En 2017. Les aspirants à sa succession, Jean-François Copé en tête, raisonnaient en fonction de cette date. Quand ils ont fini par réaliser que la gauche pouvait l'emporter il était trop tard pour changer une stratégie étalée sur dix ans. Ils ont dû se raccrocher au train de leur chef. Lequel ne cessait de changer les aiguillages, improvisant, au gré des circonstances, les idées les plus contradictoires. Au lendemain de la défaite, et alors qu'il faisait son premier footing de jeune retraité, chacun s'aperçut que l'héritage était un champ de mines. Le gagnant du jack-pot de la droite serait celui qui aura su le mieux négocier son chemin entre deux explosions.

Mais l'actualité commande. Les législatives sont pour demain et il faut que l'UMP réponde à l'urgence. Autrement dit continuer sur la lancée de la ligne politique qui a marqué, à droite, la campagne présidentielle. Coller au plus près aux thèmes chers au FN, laisser le moins de place possible à la Marine. Facile à dire. Certains, sûrs de leur circonscription ancienne ou nouvelle (Fillon*), ou encore protégés par un siège sénatorial (Raffarin), vont se réfugier dans les valeurs traditionnelles de la droite parlementaire. En revanche la "droite populaire" exulte. Ses dirigeants vont pouvoir librement donner cours à leur tendance naturelle. Immigrants, assistés, racines chrétiennes, musulmans...Etre toujours en bordure du racisme, frôlant le précipice. Une vie d'enfer...

Ces héritiers politiquement heureux ont été rejoints par Copé et ses associés. Sans grand scrupule moral. Et ils se sont donnés Christiane Taubira pour première cible. Nous avons bien peur de comprendre pourquoi. Et il est consternant de voir comment on fabrique de toutes pièces des arguments, quand on n'en a aucun.

Mais la Garde des Sceaux a la peau durcie par les difficiles combats politiques et les longs voyages transatlatniques pour répondre à ses obligations d'élue d'Outre-Mer. Ce ne sont pas les cris d'orfraie de Madame Dati qui vont renforcer le poids de la critique: de l'avis de tous les juristes indépendants celle-ci a été sans doute la plus désastreuse des ministres de la Justice de l'histoire de la République. 

Antoine Blanca

*Fillon a décidé finalement de tirer le premier contre l'envahissement du territoire par le Secrétaire de l'UMP. On attend avec impatience leur congrès prévu en automne...

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:35

Visite du leader de Syriza à Paris, qui vient de rencontrer Mélenchon. Echange de compliments, promesse de soutien. Alexis Tsipras va jusqu'à affirmer qu'il souhaite que son pays reste dans la zone EURO. On pourrait s'en réjouir si le jeune dirigeant précisait les contours de sa politique et les réformes qu'il serait disposé à contribuer à conduire. Mais arrivé à ce point, c'est la panne sèche. Disons les choses clairement : la coalition de 13 partis ou groupes qu'il dirige se contente de réclamer la suppression des mesures d'austérité. Ce que les partenaires de la Grèce ne peuvent accepter sans sérieuses garanties de changements structurels. Soyons francs: la "plus vieille démocratie du monde" n'est jamais entrée dans la modernité. Il n'existe, à Athènes, pas de cadastre, pas de plans d'occupation des sols, pas de véritable administration fiscale. Sur les mers, ce sont les pavillons de complaisance, sur les quais, c'est la complète exonération impositive des propriétaires de yatchs. La richissime église orthodoxe ne contribue en rien au budget du pays (en revanche ses patriarches président à la prestation de serment des gouvernants) et l'Armée coûte une fortune au prétexte de la partition de Chypre et de la menace ancestrale turque.

Bien entendu la coalition Syriza a le droit de dire qu'elle n'est en rien responsable de la gabégie gouvenementale. Le PASOK et la droite, les Papandréou et les Caramanlis ont exercé alternativement le pouvoir depuis l'admission du pays au sein de la Communauté en 1981. Mais tout le monde a accepté la mauvaise gouvernance, exigé davantage de Bruxelles sans jamais rien offrir en échange. Bruxelles a, de son côté, très longtemps fermé les yeux sur les caprices, voire le chantage d'Athènes. Aujourd'hui les circonstances ont contraint tout le monde à réagir. On l'a fait trop tard, avec trop peu de moyens. Il faudra bien pourtant que tout le monde s'y mette enfin, si l'on veut garder la Grèce dans l'Union et sauver sa place dans l'euro. TOUT LE MONDE, cela signifie y compris la coalition Syriza. En lui accordant un bon paquet de suffrages, le peuple l'a aussi investie de grandes responsabilités. Mais ses solutions se font attendre. Et je pense même qu'elles n'existent pas...

Antoine Blanca

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 10:39

Les accords PS/EELV, conclus très en amont de l'élection présidentielle, ont abouti à donner une place disproportionné à des écologistes sans véritable assise électorale propre. EELV rêve à haute voix d'un groupe à l'Assemblée! Le désastreux résultat obtenu par Eva Joly n'a pas contribué à rassurer les troupes socialistes, appelées à abandonner des circonscriptions (qu'elles avaient conquises à force de sacrifices et de dévouement), au profit de candidats Verts dont ils ont toujours jugé le comportement déroutant.

En fait les dirigeants PS étaient, lors de cette négociation, encore sous le coup du traumatisme causé par les élections européennes. Les écolos avaient alors fait presque jeu égal avec les socialos. Et les avaient même dépassés à Paris. Bien entendu les explications à cet échec (c'était en 2009) sont nombreuses et, toutes, convaincantes. Fukushima en toile de fond des discussions, taux d'abstention traditionnellement élevé, scrutin proportionnel, malaise encore sensible résultant du sinistre congrès de Reims... On se souvient que, dans d'autres circonstances, la liste conduite par Michel Rocard n'avait réuni, en 1994, que 14% des suffrages alors que celle de Tapie (secrètement encouragée par le Président Mitterrand) obtenait un 12% plus que flatteur. Tout a toujours été atypique dans ce genre de consultation...Dans une Europe des nations, le parlement de Strasbourg n'a pas encore trouvé sa vraie place. L'écologie politique a su exploiter un avantage tout passager.

Une "bonne alliance" avec EELV valait donc mieux qu'une guéguerre d'usure, avec des concurrents difficiles, dont on n'a jamais vraiment compris la logique de la démarche. Jugée plutôt brumeuse, mêlant exaltation romantique et arrivisme effréné. Il s'est, estime-t-on, agi en l'occurrence, de la neutralisation d'un danger potentiel. Coûteuse mais nécessaire, ont décidé les dirigeants, rue Solférino. Un certain électorat de gauche, même s'il ne vote pour eux que dans certaines circonstances, sympathise in fine avec ce petit monde verdâtre aux contours politiques mal définis. Dans les conseils municipaux des villes grandes et moyennes que  le PS contrôle, EELV fait partie de la majorité, force d'appoint un peu rebelle et toujours encombrante.

Mais ces mariages politiques locaux n'ont rien de mariages d'amour. Nécessité fait loi, se dit-on. Ou plutôt, se résigne-t-on.

Désamour quand tu nous tiens!?

Antoine Blanca

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 10:56

En France nous sommes avant tout préoccupés de nous sortir du guêpier afghan. Nous y sommes allés par esprit de solidarité avec nos alliés. Mais aussi du fait de la juste  répulsion ressentie vis-à-vis de la criminelle bêtise des Talibans, révoltés enfin par l'assassinat de notre ami le Commandant Massoud. Aujourd'hui la donne est différente. L'OTAN a programmé le départ de ses troupes, et François Hollande a décidé le retour anticipé, en bon ordre, des nôtres, fin 2012. Globalement c'est un aveu d'échec de l'Alliance atlantique, plus ou moins bien maquillé par l'installation d'un gouvernement Karzaï légitimé officiellement par les urnes, et par la formation d'une armée que renforcent des unités de police modernes. La fiabilité de l'un et des autres reste cependant à démontrer. Une certitude prévaut dans tous les cas: une démocratie équilibrée et (plus ou moins) laïque ne pourra pas être imposée par la seule présence massive de militaires étrangers.

Il ne s'agira pas, pour autant, de nous désengager stratégiquement. Mais bien de reconnaître, une fois pour toutes, que les affaires des pays musulmans ne seront pas résolues par nos démocraties. Les soviétiques nous avaient entraînés, en pleine guerre froide, dans un engrenage diabolique, qui a eu pour effet non désiré la naissance d'une internationale djihadiste. Celle-ci est devenue incontrôlable. Les Américains disposent d'une haute technologie militaire, très coûteuse, de drones qui peuvent atteindre leur cible...mais aussi de soldats primaires qui urinent sur des cadavres de combattants afghans ou organisent des bûchers alimentés par des corans.

Gestes déplorables qui ont pour effet la neutralisation de tous les succès précédemment obtenus. La place de cette soldatesque n'est pas sur des terrains politiquement délicats. La présence de bases US au Pakistan peut même  se trouver compromise. Que les républicains gagnent les élections et le pire peut se produire: n'oublions pas qu'Islamabad dispose de l'arme atomique. La diplomatie occidentale dans la région doit être maniée avec délicatesse et compétence. Cette préocccupation correspond bien à la vocation de la France. A condition de rapatrier nos hommes et nos armes.

Antoine Blanca

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 12:10

La première rencontre entre les présidents Obama et Hollande ne pouvait que bien se passer. Certes, le premier est en campagne quand son visiteur l'a laissée victorieusement derrière lui. Mais l'un et l'autre incarnent ce que j'appelerais le même possibilisme (un vilain mot pour les socialistes, mais...), le juste dosage politique susceptible de permettre à un homme de gauche contemporain d'être élu dans une démocratie occidentale. Même s'ils évoluent dans des univers très différents (historiques, sociaux et humains), les similitudes, les compatibilités l'emportent, quel que soit le point de vue de l'observateur.

Obama a accueilli avec satisfaction l'élection de François Hollande. Le prédécesseur de ce dernier a toujours été ménagé pour une raison évidente: Sarkozy était toujours, par avance, d'accord avec toute initiative de Washington. En témoigne sa décision, contestable entre toutes à mes yeux: celle de retourner dans le giron militaire de l'OTAN, mettant ainsi, d'une certaine manière nos armées sous les ordres des Etats-Unis en cas d'opérations conjointes. Le Commandant en Chef de la première force militaire de monde ne pouvait qu'apprécier un tel esprit d'allégeance. Il sera désormais difficile de se libérer de ce carcan. Je suis toutefois persuadé de ce que le président américain préfère une alliance faite de sincérité, de réflexion et de franchise à l'inconditionnalité futile. Le changement intervenu en France devrait lui convenir. Et nous espérons  qu'il sera bientôt investi d'un nouveau mandat de quatre ans, pendant lesquels une relation de confiance s'affirmera et contribuera au renforcement des démocraties occidentales.

On n'ignore pas que la déception de certains est à la mesure des espoirs disproportionnés qu'ils avaient placés dans la victoire de l'ancien sénateur de l'Illinois. On espérait, à gauche, de véritables prouesses: sur la scène internationale (au Moyen-Orient, une véritable ouverture en direction de Cuba...), comme dans les domaines sociaux et culturels. Cette déception doit être relativisée: la marge de manoeuvre dont le Chef de l'Etat US disposait au Congrès s'est trouvée rapidement réduite. La prudence dans sa démarche, qui lui est généralement reprochée, s'explique par la constante préoccupation de ne pas compromettre définitivement l'avenir.

A sa manière et à la place qui est désormais la sienne, François Hollande a lui aussi pleine conscience de tout ce qui limite ses ardeurs réformistes. Aussi ne s'est-il engagé devant les Français et les Européens que pour ce qu'il peut tenir pendant la durée d'un mandat de cinq ans.

Sans être dans le secret des conversations de la Maison Blanche, j'ai le sentiment que les deux hommes se sont compris et appréciés.

Nous savons bien, au fond de nous-mêmes, que l'un et l'autre représentent la solution la plus progressiste d'exercice du pouvoir, celle  compatible avec les dures réalités, dans un environnement global hostile.

Antoine Blanca

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 10:05

Anciens colonisés et colonisateurs de temps anciens parlent la même langue, partagent une partie de leur histoire moderne, ont longtemps vécu sous le même drapeau et se sont opposés par les armes. Guerre civile pour les uns, guerres de libération pour les autres...Arrêtons-là le raccourci qui facilite la tâche du rédacteur, mais ne correspond qu'imparfaitement à la vérité historique. Les possessions espagnoles d'Amérique se sont éméncipées depuis près de deux siècles, le Brésil n'a quitté la famille royale portugaise des Bragance qu'en 1882. Mais le Portugal avait aussi bâti un immense empire en Afrique. Tous les pays qui en étaient partie sont devenus indépendants en 1975, la Révolution des oeillets dans la métropole(25 avril 1974) ayant accéléré le processus de libération qu'ils étaient en train de conquérir par les armes.

Péninsule ibérique, Afrique et Amériques ont une communauté de destins. Pendant longtemps elle a été surtout culturelle. Depuis que l'Espagne et le Portugal ont été durement frappés par la crise, elle est devenue économique et sociale. Au temps de la splendeur de la nouvelle Europe en plein développement, les latinos et les africains lusophones débarquaient en masse à Madrid, Barcelone, Lisbonne et Porto. Aujourd'hui les flux se sont inversés. C'est Saõ Paulo qui devient le nouveau centre ibérique du monde, l'Eldorado espéré. Mais c'est le Brésil tout entier, organisateur de la Coupe du monde de foot en 2014 (12 cités concernées), et des Jeux Olympiques (Rio) en 2016 qui fascine cadres et artisans par toutes les opportunités que l'immense pays offre aux nouveaux aventuriers du travail et de la création.

Les riches angolais, eux, se sont lancés à la conquête de l'ancienne "mère-patrie". L'Angola est riche en pétrole, en gaz, en minéraux rares, en pierres précieuses. Si son peuple ne récolte que des miettes de cette manne de la nature, les dirigeants (à commencer par le Président Dos Santos et ses enfants gloutons) se régalent au Portugal, achetant banques et entreprises, se gavant de tout ce qui est à vendre. Les nouveaux chefs de ce qui fut un "mouvement de libération" socialiste ne pensent qu'à s'enrichir et à piller. Et le Portugal à la peine est heureux de les accueillir en déroulant le tapis rouge sous leurs pieds.

Voilà une conséquence de la crise de l'euro que l'on connaît mal en France, mais qui mériterait attention de la part du nouveau gouvernement. 

Antoine Blanca

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 18:04

Par ses choix et ses arbitrages le Président Hollande a privilégié la compétence sur l'opportunisme politicien. Les dosages, la représentation équilibrée des courants de pensée existant dans la famille socialiste (et alliés), n'ont pas pris le pas sur la connaissance préalable des dossiers par les personnalités qui devaient les prendre en charge. Bien entendu, nous nous apprêtons à entrer dans le coeur du sujet en affrontant les défis qui sont devant nous. Mais il apparaît que nous nous sommes donnés les meilleurs atouts pour commencer à les surmonter.

Les fameux éléphants, cible bien facile, par nature, pour les observateurs de notre vie politique, se sont faits discrets. Une nouvelle génération est apparue. Je ne connais ses représentannts que de visage et de nom. Eux, elles, m'ignorent complètement. Tant pis pour mon ego. Tant mieux pour une force politique qui étale son renouvellement, sa vitalité retrouvée. Bien entendu certains, certaines, me sont plus sympathiques que d'autres. Je trouve Montebourg insupportable de suffisance mal placée et Najat Belkacem rayonnante d'assurance communicative. Deux exemples contraires pour illustrer mon propos.

Tout va très vite. Le Conseil des Ministres s'est réuni et les premières décisions ont été prises avant que le Président ne reprenne l'avion, cette fois pour les Etats-Unis. Toujours pas de pause. Je viens d'entendre la présentatrice du JT de Canal+ dire que, dans le gouvernement, toutes les régions, ou presque, étaient représentées. Pas la Corse, précise-t-elle, sans doute parce qu'elle a voté à droite. Faux. Des régions de gauche sont absentes: le Limousin par exemple, terre d'élection de Hollande, ou encore le Languedoc-Roussillon...En fait le critère régional n'a pas été retenu.

Je ne résiste pas à une petite méchanceté pour conclure. La nouvelle majorité a résisté à l'invasion Jack Lang. Il s'était pourtant beaucoup appliqué, pendant la campagne, à se montrer en militant exemplaire. Il n'est pas parvenu, malgré tout, à faire oublier sa conduite de lèche-bottes pour se faire adopter par Sarkozy. En fait il n'a été invité ni à l'Elysée pour la cérémonie d'investiture, ni à la réception historique à l'Hôtel de Ville. Il lui reste à se faire élire dans la circonscription réputée sûre où il a réussi à se faire parachuter (à Saint-Dié, Vosges). Après avoir été ambassadeur itinérant de la droite, il va continuer son itinérance parlementaire: ce sera sa troisième circonscription (le Centre, avec Blois; le Nord, avec Boulogne-sur-Mer; et à présent l'Est). Bravo l'artiste. Et grand merci au PS pour sa largeur d'esprit géographique.

Antoine Blanca

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 12:50

J'appartiens à une classe privilégiée, celle des retraités au statut confortable. Passionné de vie politique, j'ai regardé, ces derniers mois, avec une assiduité inhabituelle, les chaînes dites "d'information en continu" et pu ainsi mesurer, avec consternation ou commisération, les journalistes souffrir en direct pour remplir les longs vides entre deux événements attendus, vides que l'apparente placidité horaire de François Hollande contribuait à élargir encore et encore. Aujourd'hui c'était le show "composition du gouvernement". D'heure en heure BFM-TV et ses commentateurs vedettes, Olivier et Ruth, tentaient de nous maintenir en haleine, spéculaient sur des noms, sur les affres imposées par l'indispensable parité hommes/femmes, la présence souhaitable de figures issues des "minorités visibles" (que l'expression est détestable!), sans oublier les sensibilités au sein de la gauche. Une fois le nom du Premier ministre formellement proclamé, le Président, revenu de Berlin au terme d'un voyage foudroyant, la presse n'avait rien d'autre à offrir que ses spéculations sur les ministrables.

La copieuse journée du 15 mai n'avait, déjà, pas manqué d'événements, d'émotions et de discours historiques. Celle d'aujourd'hui a été une longue attente. Et quand on a choisi "la priorité au direct" comme emblème publicitaire, le métier a été dur. Heureusement pour les informateurs il y a eu rapidement une grande nouvelle annoncée par l'intéressée elle-même: Martine Aubry ne figurerait pas dans la liste du gouvernement. Du coup on s'est acharné à détailler les raisons, forcément hypothétiques, d'une telle absence. On s'est aussi hâté de demander l'avis de la défunte sarkozie, qui a tenté d'exploiter l'improbable filon politique avec une voracité de fauve privé de proie.

Pourtant tout était dit dans la déclaration de la Maire de Lille et de ses porte-parole habituels: "François Hollande est dans la cohérence en désignant Ayrault. Je le comprends et je vais pouvoir me consacrer au Parti que je dirige et à ma ville". Alors que l'on est de nouveau en campagne cet engagement est vital. Après le 17 juin (date du 2e tour), il y aura un nouveau gouvernement. Si la gauche l'emporte, ce qui est probable, logique même, il y aura certaines corrections en fonction des résultats.

Naturellement la clarté d'une telle réponse ne faisait l'affaire de personne dans l'univers  des médias. On ouvrit le dossier des primaires, on interrogea des passants dans les rues de Lille, on prêta mille arrière-pensées aux uns et aux autres. Tant de bruit pour conclure que François et Martine ne s'étaient jamais beaucoup aimé...Grande nouvelle en vérité. Qui masque l'essentiel: la contribution débordante de la chef du PS à la victoire à la présidentielle, et le nouveau regard qu'elle porte désormais, après une dure campagne menée en commun, sur la personnalité de son camarade devenu Chef de l'Etat pour les cinq ans à venir.

Si l'amour ne se décrète pas, surtout dans le combat politique, la communauté d'objectifs est un moteur suffisant pour faire avancer la machine qui vient de se mettre en route. Je pense que chacun occupe désormais le poste de commandement dans lequel il sera le plus efficace, en appui d'un gouvernement dont la compsition a reçu un accueil plus que favorable.

Antoine Blanca

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 23:29

Je crois ne pas mentir en affirmant que jamais depuis la libération de Paris, et la visite historique qu'y fit le Général, l'Hôtel de Ville de la capitale n'avait connu une telle cohue joyeuse, bruyante et bon enfant. Avec, bien entendu, ce brin d'exaltation qui est le sel des moments d'exception. L'Histoire était-elle au rendez-vous, ce 15 mai, qui voyait Bertrand Delanoë recevoir solennellement François Hollande? Sans aucun doute était-ce bien le cas pour le peuple socialiste, la première fois qu'un maire de la capitale donnait la bienvenue fraternelle à un camarade du parti de Jaurès  qui venait d'être investi Chef de l'Etat. Les plus anciens des militants présents à la cérémonie sentaient, comme moi-même, qu'ils n'assisteraient plus jamais à pareil spectacle. Et ils voyaient, dans le regard un peu trop brillant du premier magistrat parisien, qu'il partageait leur émotion. C'était, pour lui, une manière d'apothéose d'un mandat exceptionnel marqué par la plus complète des réussites.

Et puis, bien entendu, d'autres sentiments et d'autres inquiétudes. Celles des amis ministrables, assis côte-à-côte au premier rang, mais échangeant peu entre eux, le regard tourné vers l'intérieur. Les intimes qui osaient venir interrompre ce dialogue silencieux, émettaient tous le même type d'interrogation. Alors? Quel ministère? Je n'en sais rien! Et le plus dur à croire, c'est que c'était vrai!

Seul Jean-Marc Ayrault avait le sourire entendu et modeste de celui qui connaît son destin. Et s'y prépare dans le secret de ses pensées.

Personne ne s'autorisait à dire son épuisement. L'esprit impose au corps une capacité de résistance insoupçonnable. Et puis voilà qu'il faut déjà retrousser encore ses manches pour les législatives et pour diriger le pays. Que dire de François Hollande, en apparence toujours d'humeur égale, souriant à l'un, un clin d'oeil complice à l'autre, quelques accolades et de multiples bises...Quelle journée inénarrable. Avec averses et discours chargés d'émotion, d'histoire. 

Et le tonitruant point d'orgue dans le ciel, la foudre frappant l'avion. Pain béni pour les commentateurs qui trouvaient là matière à inspiration: présage d'un coup de foudre avec Angela Merkel? Ce qui est certain: le nouveau Président que se sont donnés les Français a bien le feu sacré.

Antoine Blanca

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 11:04

Demain, en recevant le Président Hollande, Angela Merkel devra la jouer modeste. Dans l'affaire du nouveau traité que les Français demandent à renégocier, il lui sera difficile de jouer l'intransigeance. Tous les faits intervenus ces derniers temps lui recommandent de faire preuve de souplesse et de compréhension. D'autant plus que l'interlocuteur avec qui elle dînera demain est homme de dialogue et d'ouverture. Mais les réalités sont têtues qui démontrent que l'orthodoxie ultra-libérale a trouvé ses limites. On ne pérennise pas une politique qui perd. Des corrections significatives sont indispensables si l'on veut éviter la débâcle dont la possibilité met les Européens en alerte, tout en secouant les marchés. Les mesures fortes capables d'impulser un retour à la croissance sont dans les cartons de la Commission à Bruxelles. Il convient de les étudier d'urgence. Tout le monde attend, anxieusement, des signes dans ce sens.

La position de la France n'est pas échevelée. Elle est au contraire celle de la resposabilité, de la sagesse. L'écouter, puis l'entendre, évitera l'extension de mouvements incontrôlés qui ne seront pas uniquement électoraux dans un proche avenir. Le désespoir de fortes minorités pourrait conduire à des comportements irrationnels, préjuditiables pour tous. Pour le moment les Espagnols, les Portugais défilent, derrière leurs syndicats ou à l'appel de groupes informels invertébrés comme les indignados. Dans l'ordre un peu bon enfant.

En Allemagne même les partis traditionnels ne savent pas comment dialoguer avec les pirates qui viennent encore d'obtenir une repésentation dans le Land le plus peuplé et le plus riche de cette grande démocratie. Ces gens-là disent ce qu'ils ne veulent pas. Mais pas vraiment ce qu'ils souhaitent. En Grèce l'alliance la plus à gauche (dont les PC) s'est enfermé dans une sorte de "front du refus"qui ne peut conduire que vers l'impasse totale: de nouvelles élections leur seraient pourtant favorables. Leurs électeurs savent (et le disent aux sondeurs), qu'ils engagent ainsi le peuple hellène sur le chemin de la désespérance. "La raison de la sans-raison qui en moi se fait raison" disait Don Quichotte à Sancho. Avant de foncer sur le moulins à vent.

Reste à prendre en compte le message de Hollande et de tous ceux qui soutiennent (avec plus ou moins de discrétion, mais avec un espoir réel) son argumentation frappée au sceau du bon sens. La Chancelière n'a plus les moyens de l'arrogance qui a été la sienne, et a déjà causé bien de dégâts.

Antoine Blanca

 

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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